Mailbag QPUL : Holding out for a running back

Mailbag 2015Nouvelle édition de notre Mailbag Questions Pour Un LatestHuddle.

Aujourd’hui, on se sent floué par les saisons perdues (et deux références avec le titre, deux) et on rebondit de manière totalement « inattendue » sur le remix de la semaine dernière.

 

Not Running Running Backs

 

Max : Le’Veon Bell est à quelques heures de rater toute la saison suite à son holdout. Est-ce que c’est déjà arrivé par le passé qu’un joueur rate toute une saison en refusant de jouer ?

Oui, par deux fois, et à chaque occurrence, c’était un coureur célèbre.

Le premier, c’est « Diesel », le Hall Of Famer John Riggins. Il démarre sa carrière aux Jets en 1971 où il démontre déjà ses capacités, et il signe pour 5 ans comme Free Agent à Washington en 1976. Il demande à renégocier son contrat en 1980, ce que la franchise refuse de faire ; il quitte alors les training camps, et les Reds le placent sur une liste spéciale qui lui interdit de jouer pour quiconque. C’est alors un jeu du chat et de la souris, et Riggins parvient à revenir en 1981 sous une seule condition : une clause de non-échange dans son nouveau contrat ; or, c’est justement ce que le Head Coach Joe Gibbs comptait faire, l’échanger pour se débarrasser de lui. Finalement, Riggins revient, aide les Reds à accéder au Super Bowl XVII et repart avec le titre de MVP de la finale via une course mémorable, « 70 Chip ».

https://i.pinimg.com/236x/57/f3/a7/57f3a73137d427b59d63883ebf544d3a--school-football-nfl-football.jpgLe deuxième, c’est Bo Jackson, considéré comme un des meilleurs athlètes jamais vus ; et, pour le coup, il est difficile de lui en vouloir car c’est une situation vraiment particulière. Véritable star universitaire dans plusieurs sports (baseball, football, athlétisme), il a le potentiel pour devenir le premier joueur à évoluer en NFL et en MLB. Les Buccaneers, qui ont le premier choix de la draft 1986, veulent Jackson, mais ils ne veulent surtout pas qu’il s’épuise ou se blesse en MLB. Alors qu’il est dans son année senior à l’Université d’Auburn, ils l’invitent avant la draft NFL de 1986 pour visiter les infrastructures de l’équipe, en lui spécifiant que la NCAA l’a autorisé ; or, c’est faux, c’est une violation des règles NCAA, et il rate le reste de la saison universitaire de baseball. Il déclare qu’il ne jouera jamais pour les Bucs, mais ils le draftent quand même : furieux, il refuse de venir et préfère être reversé dans la draft de l’année suivante ; pendant ce temps il rejoint la MLB. En 1987, il est drafté par les Oakland Raiders (qui acceptent qu’il joue aussi en MLB), et il va terroriser les défenses adverses pendant 4 ans avant qu’une grave blessure à la hanche stoppe ce qui aurait pu être une carrière de Hall Of Famer.

Il est à noter qu’on retrouve trois coureurs dans cette même situation (même si celle de Jackson est plus particulière), ce qui n’est pas forcément surprenant : ce sont ceux qui ont les carrières les plus courtes parmi les vétérans, surtout quand ils portent énormément la balle (Riggins par rapport au jeu de l’époque, Bell par son talent). Ils veulent donc toucher le maximum possible.

 

We talkin’ about practice (non, mauvais sport…)

 

Flo : OK, je mords à l’hameçon – j’aimerais connaître les circonstances des conférences de presse dans le remix posté la semaine dernière.

Bonne question, merci de l’avoir posée ! On va essayer d’y aller « par ordre d’apparition ».

  • Le premier et celui qui délivre la phrase titre :
    • Head Coach : Herm Edwards.
    • Période : NY Jets (2001-2005).
    • Date : 30 octobre 2002.
    • Raison : les Jets sont 2-5. Edwards décide d’envoyer un message à l’équipe via la conférence de presse – il faut jouer pour gagner.
    • Conséquences : New York finit la saison en trombe sur un 7-2 pour poster un bilan de 9-7 et accéder aux playoffs. À la surprise générale ils explosent les Colts de Peyton Manning 41-0 avant de perdre 30-10 contre les Raiders au Divisional Round.
« You play to win the game, Chad« 
  • Un visage que vous allez retrouver plusieurs fois, le maître des confs de presse qui détonnent :
    • Head Coach : Jim Mora Senior.
    • Période : New Orleans (1986-1996).
    • Date : 20 octobre 1996.
    • Raison : les Saints sont 2-6 après une défaite 19-7 contre Carolina. Mora se lâche dans une conférence de presse où il décline tout ce que son équipe n’a pas su faire, c’est-à-dire… à peu près tout. Restée mythique pour l’utilisation de diddly poo.
    • Conséquences : Mora démissionne le jour suivant et les Saints terminent l’année 3-13. Mora part entraîner les Colts (ce qui va donner lieu au passage le plus connu), alors que les Saints engagent Mike Ditka (ce qui va mener à un autre passage dans la vidéo).

 

  • Jim Mora revient, et il n’est pas plus content :
    • Head Coach : Jim Mora Senior.
    • Période : Indianapolis (1998-2001).
    • Date : 25 novembre 2001.
    • Raison : les Colts sont 4-6 après une défaite contre San Francisco. Mora blâme avant tout l’attaque qui a perdu cinq ballons, quand un journaliste lui demande les chances de son équipe d’aller en playoffs. Ce que vous voyez là n’est qu’une petite partie de la conférence où Mora réagit comme si le journaliste venait de lui dire que 2+2=5 ; il finit par dire qu’il espère déjà que son équipe gagne un autre match.
    • Conséquences : elle va gagner d’autres matchs, mais finir 6-10 et Mora va être renvoyé. Pendant ce temps, il devient une sensation dans tout le pays avec une conférence de presse qui va rester dans la légende et être détournée un million de fois.

 

  • Non, ce n’est pas le frère jumeau de Robin Williams (RIP) :
    • Head Coach : Jim Fassel.
    • Période : NY Giants (1997-2003).
    • Date : 22 novembre 2001.
    • Raison : les Giants viennent de perdre deux matchs pour tomber à 7-4, et le job de Fassel est en jeu, mais le Head Coach décide, là aussi, d’envoyer un message – il prend tout sur lui, mais qu’on laisse ses joueurs et ses assistants tranquilles. Il garantit que cette équipe ira en playoffs.
    • Conséquences : les Giants ne perdent plus du reste de la saison, finissent 12-4 et se qualifient en playoffs. Ils battent Philly 20-10 et Minnesota 41-0 pour accéder au Super Bowl XXXV ; malheureusement, ils tombent contre le rouleau-compresseur défensif des Ravens et perdent 34-7.

 

  • La conférence la plus lunaire à Arizona :
    • Head Coach : Dennis Green (RIP).
    • Période : Arizona (2004-2006).
    • Date : 16 octobre 2006.
    • Raison : Arizona vient de perdre un match totalement improbable contre Chicago – les Cards menaient de 20 points et ont perdu 24-23 alors que les Bears ont commis SIX pertes de balle et n’ont pas marqué un seul TD offensif (deux TDs sur retours de fumble et un TD sur retour de punt). Dennis Green, plutôt réservé de nature, se lance dans une tirade mémorable venue de nulle part qui va rentrer dans la postérité où il dit que les Bears étaient ce que les Cards savaient qu’ils étaient. Yup.
    • Conséquences : Arizona termine la saison 5-11 et Green est renvoyé.

 

  • MC Tuna :
    • Head Coach : Bill Parcells.
    • Période : NY Jets (1997-1999).
    • Date : -.
    • Raison : plusieurs images de conférence de presse de Parcells, sans date facilement reconnaissable. Mais il était toujours le genre à dire ce qu’il pensait franchement d’où des conférences de presse savoureuses.
    • Conséquences : Parcells finit son passage aux Jets avec un bilan de 29-19 et une finale AFC perdue contre Denver en 1998 ; il laisse alors la place à son Coordinateur Défensif, un certain Bill Belichick… et une conférence de presse totalement hallucinante le jour suivant pendant laquelle ce dernier va démissionner aussi sec avant de rejoindre les Patriots.

 

  • I’m not your Buddy, bro :
    • Head Coach : Buddy Ryan (RIP).
    • Période : Philadelphie (1986-1990).
    • Date : -.
    • Raison : un passage lambda, mais qui démontre bien l’esprit de Buddy – « je suis le coach, je décide quels joueurs jouent et quand ils jouent ». Non mais.
    • Conséquences : Ryan va créer une défense de fer à l’opposé d’une attaque de feu, mais l’équipe va tomber sur pépin après pépin et ne jamais confirmer son talent par un titre ; il termine sur un bilan de 43-35-1 et trois qualifications en playoffs sans jamais atteindre la finale NFC.

 

  • Next :
    • Head Coach : Mike Ditka.
    • Période : New Orleans (1997-1999).
    • Date : 15 novembre 1999.
    • Raison : les Saints sont 2-7 dans la troisième année sous Ditka, ayant fini 6-10 dans les deux premières ; cela après que le Head Coach ait hypothéqué le futur de la franchise lors d’un échange à la draft d’une stupidité sans bornes : TOUS les choix de 1999 plus le premier tour et le deuxième tour de 2000 pour remonter en #5 et prendre le coureur Ricky Williams. Disons que Ditka n’est pas vraiment d’humeur, et il le fait savoir en répondant de façon expéditive à toutes les questions avec un next (« suivante »).
    • Conséquences : à votre avis ? Une saison à 3-13, Ditka renvoyé, et la franchise va mettre un peu de temps à se remettre de la perte de tous ces choix de draft. Mais ça va s’améliorer.
Enliser une franchise pour le futur proche valait bien cette photo, non ? Non ? Ah.
  • Samurai Mike au podium :
    • Head Coach : Mike Singletary.
    • Période : San Francisco (2008-2010).
    • Date : 26 octobre 2008.
    • Raison : Singletary est devenu Head Coach par intérim suite au renvoi de Mike Nolan ; après une défaite 34-13 face à Seattle, il réagit à un incident durant le match pendant lequel Vernon Davis a frappé un adversaire. La Fiche Légende de Singletary retrace une partie de la tirade ; en plus, il dit qu’il est old school et que sa stratégie est simple : frapper les adversaires dans la face et ne pas leur donner le match.
    • Conséquences : les 49ers redressent la barre pour finir à 8-8, et surtout Vernon Davis travaille enfin à la hauteur de son talent, devient Pro-Bowler et All-Pro deuxième équipe ; il joue encore aujourd’hui à Washington.

 

  • Ditka revient pour un deuxième round… :
    • Head Coach : Mike Ditka.
    • Période : possiblement Chicago (1982-1992).
    • Date : possiblement 31 octobre 1988.
    • Raison : possiblement après un match contre les Patriots où le Quarterback Jim McMahon est, selon lui, blessé volontairement ; c’est la seule référence à Ditka prononçant la phrase « that’s a load of crap » (« tout ça c’est des conneries ») mais c’est une expression courante.
    • Conséquences : -.

 

  • Jim Mora Forever :
    • Head Coach : Jim Mora Senior.
    • Période : New Orleans (1986-1996).
    • Date : août 1989.
    • Raison : Mora était en forme puisqu’il a chargé les médias dès la présaison au sujet de son équipe, disant qu’ils n’avaient aucune idée de ce qu’il se passait dans les entraînements, qu’ils pensaient le savoir, mais qu’ils ne savaient rien, et qu’ils ne sauraient jamais rien.
    • Conséquences : -.

 

  • Aucun lien de parenté avec Rick Ross :
    • Head Coach : Bobby Ross.
    • Période : Detroit (1997-2000).
    • Date : 8 novembre 1998.
    • Raison : Detroit tombe à 2-7 après une défaite contre Philadelphie (qui finira l’année 3-13) et Bobby Ross ne comprend pas pourquoi ses joueurs empilent les erreurs stupides ; de plus, il en a assez des médias qui le traitent comme un mauvais coach.
    • Conséquences : l’équipe termine 5-11 après une prometteuse saison 1997 à 9-7 ; Ross tiendra deux ans de plus avant d’être renvoyé pour un bilan global de 27-30 et deux défaites en Wild Card (une tradition à Detroit depuis 1992).

 

  • … et un dernier pour la route :
    • Head Coach : Mike Ditka.
    • Période : Chicago (1982-1992).
    • Date : 29 septembre 1986.
    • Raison : après une défaite cuisante 44-7 contre Cincinnati, Ditka est pris à parti par un groupe de fans à l’extérieur du vestiaire. Le Head Coach interrompt sa conférence de presse en apostrophant l’un des gêneurs et en déclarant qu’il a zéro de QI. Quand un journaliste essaie de reprendre la conférence, Ditka lui dit qu’il préfère parler au gêneur parce qu’il sait qu’il est plus intelligent que ce *censuré*.
    • Conséquences : aucune particulière. Les Bears sortent de leur titre au Super Bowl XX mais n’y retourneront plus.

 

This is the end, beautiful friend

 

C’est la fin de ce Mailbag.

N’hésitez pas à continuer d’envoyer des questions à l’adresse latestmailbag at yahoo dot com.