Analyse : San Francisco 49ers – Seattle Seahawks (Septiis)

San Francisco 49ers 13 – 42 Seattle Seahawks
Lundi 24 décembre, 2h20, CenturyLink Field

“Seattle y va tout droit”

 

Epoustouflante, impressionnante, incroyable… Il est difficile de mettre des mots sur la performance qu’ont délivrée les Seattle Seahawks dans la nuit de dimanche à lundi. Méthodiquement, Petehttp://columbian.media.clients.ellingtoncms.com/img/croppedphotos/2012/12/23/49ers_Seahawks_Football.35_t640.jpg?a6ea3ebd4438a44b86d2e9c39ecf7613005fe067 Carroll et son équipe ont purement et simplement démantelé la pauvre équipe de Jim Harbaugh. Jamais au cours de la saison les San Francisco 49ers n’auront été autant dominé de la première à la dernière minute du match, et ce dans tous les compartiments du jeu. Dans mon gameday d’avant match, j’avais prédit une victoire de Seattle sur San Francisco, pariant sur le fait que Colin Kaepernick aurait certainement du mal à sortir un grand match dans un stade bouillonnant et difficile à aborder pour les équipes extérieures. En revanche, ce que je n’avais pas vu venir, c’est l’écart de 29 points au tableau d’affichage au coup de sifflet final. On s’attendait à une partie physique, serré, pleine de suspense…Il n’en a rien été…

Les Seahawks avaient décidé de frapper fort d’entrée de jeu en se reposant en grande partie sur un Marshawn Lynch comme à son habitude étincelant… Sur leur deuxième action, Russel Wilson transmet à Lynch qui transforme une course de 24 yards en touchdown au milieu d’une défense adverse aux abois… Leur drive suivant, constitué de 9 séquences pour 86 yards (à nouveau conclu par un TD de Lynch) passera 6 fois par le running Back star de Seattle… Que ce soit à la passe ou à la course, la défense rouge et noire ne semble pas http://storage.canoe.ca/v1/dynamic_resize/sws_path/jdx-prod-images/1355063544386_ORIGINAL.jpg?quality=80&stmp=1356324454895&size=650xen mesure de le stopper ni de s’adapter à sa versatilité… chose inquiétante pour Patrick Willis et Navorro Bowman pourtant à la hauteur pour gêner un joueur comme Lynch. De l’autre côté, le jeu offensif stéréotypé qu’essaie de développer Colin Kaepernick se confronte à une défense Seahawks parfaite. Les covers impécables de Richard Sherman et Earl Thomas, sur Michael Crabtree notamment, ne permettent pas à Kaepernick de compléter ses passes. A la course, Frank Gore n’avance pas plus et c’est Kaerpernick lui-même qui est forcé à courir pour gagner quelques yards au sol en s’extirpant de sa poche sous la pression terrible de Clemons. (0-14 à la fin du 1st quarter)

Malheureusement, les choses ne vont pas s’arranger pour San Francisco en tout début de deuxième quart-temps. Alors qu’ils parviennent enfin à mener un drive correct, le Field Goal de David Akers est bloqué et Richard Sherman, incontestablement l’un des deux hommes du match dimanche soir, peut retourner un TD de 90 yards. Au vue de ses performances cette saison, il parait clair que la position du kicker californien est désormais menacée. Mené de 21 points, SF parait complétement amorphe mais l’espoir des fans refait surface quand Patrick Willis intercepte une passe de Russel Wilson non loin de la zone d’en but de Seattle… Mais même dans cette situation, SF n’obtiendra pas mieux qu’un Field Goal pour réduire l’écart. La fin de la première mi-temps est dans la continuité du début du match et verra Russel Wilson lancer un TD à A. Mc Coy. In-extremis et bien aidé (comme souvent) par Michael Crabtree – toujours au rendez vous dans les moments difficiles de son équipe – Colin Kaepernick permettre à Akers de « réduire » le score à 6-28 à la mi-temps.

La pause syndicale de milieu de match n’aura pas porté conseils aux californiens… Même s’ils limiteront les dégâts lors de la deuxième période (7-14 sur les deux derniers quarts-temps), les 30 dernières minutes vont être les plus révélatrices des faiblesses de l’équipe Niners. Russel Wilson essaie désormais d’enfoncer le clou en variant beaucoup plus son jeu et en passant plus le ballon à ses receveurs, Golden Tate et Doug Baldwin en tête. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’aura pas une grande résistance en face. La défense des Niners paraît éreintée, certainement fatiguée par le nombre de séquences (plus de 90) jouées http://msnbcmedia.msn.com/j/MSNBC/Components/Photo/_new/pb-121223-seahawks-cannon.photoblog900.jpgcontres les Pätriots la semaine précédente. Carlos Rogers, Dashon Goldson et surtout Chris Culliver paraissent hors de forme, laissant bien trop de largesses aux receveurs adverses… Et que dire du pass rush, inexistant une bonne partie du match ? L’absence sur blessure du tackle Justin Smith est peut être l’une des clés pour comprendre la domination qu’a subit la défense de SF tout au long du match. Souvent double-teamé par les lignes offensives adverses, il permettait d’offrir une plus grande liberté à Aldon Smith pour sacker les QB adverses. Sans lui, Aldon Smith a passé son match tel un fantôme, bien neutralisé par un Russel Okung très appliqué. Dans ses conditions, Russel Wilson est en pleine ébullition et fait ce qu’il veut. Il alterne les phases de jeu reposant sur des courses dévastatrices de Marshawn Lynch et celles basées sur des passes millimétrées vers un corps de receveurs toujours plus étoffé : J. Kearse, R. Turbin et TE Z. Miller rentrent tous dans les lignes adverses comme dans du beurre. Par deux fois grâce à D. Baldwin, il pourra d’ailleurs sans trop de difficultés inscrire deux nouveaux TDs (3ème et 4ème quarts temps) et ainsi porter le score à 6-42. A ce moment là du match et avec 7 minutes restantes à jouer, on se dit que le seul intérêt qu’ont les niners en cette fin de match est de montrer aux Seahawks (et se prouver à eux mêmes) qu’ils sont capables de marquer des TDs à la machine de guerre qu’ils affrontent. Ce qui pourrait être important au cas où ils les rencontrent à nouveau en playoffs. Alors qu’ils n’ont plus rien à perdre, Colin Kaepernick va alors construire le seul drive sérieux du match, se reposant sur un Delanie Walker plutôt bon en remplacement de Vernon Davis sorti sur blessure et surtout sur Lamichael James à qui Jim Harbaugh décide de donner du temps de jeu au poste de RB. Bien géné par le middle Linebacker B. Wagner qui est impliqué dans quasiment tous les plaquages de ce drive, D. Walker  parviendra à inscrire un TD sur un 4th&17 pourtant bien mal engagé par Colin Kaepernick. On peut également noter que les dernières minutes du match seront le théâtre de pétage de plomb de joueurs Niners logiquement touchés dans leur orgueil après une telle décullotée, à l’image de Anthony Davis et Chris Culliver auteur de fautes bêtes qui ont grandement pénalisées leur coéquipier.

Trop de fautes, trop d’approximations, trop de fatigues. Étonnamment, San Francisco a paru être en fin de course lors de cette confrontation avec son rival de Seattle, comme si le ciel s’était assombri d’un coup au dessus du Golden Gate Park. Avec cette défaite, les niners perdent (pour l’instant) le droit de se reposer début janvier et se dirige tout droit vers les barrages des play-offs. Commhttp://www.gannett-cdn.com/media/USATODAY/gameon/2012/12/24/usp-nfl_-seattle-seahawks-at-san-francisco-49ers-4_3_r560.jpg?f061b7ce9937c38b702e6f308816ac2a14e2a4ece un malheur n’arrive jamais seul, ils doivent enregistrer de nombreuses blessures : parmi celle-ci, celle de Justin Smith est la plus problématique tant le pass rush parait faible en son absence. On peut également ajouter celles de V. Davis, Mario Manningham et Kendall Hunter… Cela fait beaucoup pour une équipe qui parait exténuée. Ils devront ainsi tout faire pour conserver leur première place en battant une équipe des Cardinals de plus en plus faible journée après journée. En revanche, de tous les matchs qu’il m’ait été donné de regarder cette saison, les Seahawks sont clairement l’équipe qui m’a le plus impressionné et ce même lors de leur défaite face aux Niners lors du « match aller ». En pleine explosion depuis quelques semaines en attaque et hyper solide en défense, ils font désormais office (à mes yeux) de favori clair pour le superbowl. Quoi qu’il en soit, je plains sincèrement l’équipe qui se retrouvera face à eux lors du tour de wild-card. Russel Wilson est étincelant et pourrait bien, s’il continue sur ce rythme, détrôner Griffin III pour le titre de Rookie de l’année… On se surprendrait presque à rêver d’une confrontation Seahawks-Redskins en Wild card… à bah tiens, c’est justement ce qui est prévu pour le moment… On s’en frotte déjà les mains.