NFL Team Honors VII : Pittsburgh

500-Steelers

Le baroud d’honneur de Big Ben a eu lieu dans une saison où le mot d’ordre a été “à l’arrache” : les Steelers sont loin d’avoir bien joué, la défense a même pris un éclat dans un secteur particulier, et pourtant Mike Tomlin a réussi à garder ses troupes dans la course au sein d’une AFC North incroyablement serrée. Pittsburgh a sans cesse joué avec le feu mais s’en est la plupart du temps sorti, jusqu’à finir par arracher la qualification à la dernière semaine. Le résultat en playoffs n’est pas une surprise, mais cette année rappelle que même quand la franchise de Pennsylvanie n’est pas dans sa meilleure forme, elle est redoutable. Néanmoins, il va maintenant falloir gérer l’après-Big Ben.

À lire en remisant le #7 dans le placard.

 

PITTSBURGH STEELERS
2e AFC North ~ 9-7-1 / 0-1

 

Les prévisions de Madame Soleil 2021

 

Tic tac, tic tac, tic tac… Avec quelques autres futurs Hall Of Famers raccrochant les crampons et l’âge du capitaine, il était logique de se demander encore combien de temps Ben Roethlisberger allait pouvoir mener la barque. Pittsburgh était toujours une équipe dangereuse, mais il fallait que certaines choses changent.

Le beau démarrage de 2020 avait laissé place à un rotoplaf à vitesse grand V, provoqué par les blessures en défense et la défaillance au sol de l’attaque. Cette dernière composante devait redevenir une force des Steelers, mais elle allait se heurter à une situation que la franchise n’avait plus connue depuis bien longtemps : une ligne offensive en forme de point d’interrogation. Non seulement l’année dernière avait été insuffisante, mais l’intersaison avait vu l’unité largement remaniée : retraite du Centre Maurkice Pouncey et départs des Guards David DeCastro & Matt Feiler ainsi que de l’Offensive Tackle Alejandro Villanueva. Du coup, voici la nouvelle tête du cinq : l’Offensive Tackle Chukwuma Okorafor basculait de la droite à la gauche, le jeune Guard Kevin Dotson prenait un emploi plein temps tout comme le Centre J.C. Hassenauer et l’ex-Charger Guard Trai Turner s’installait à droite avec Joe Haeg sur l’aile (Zach Banner démarrant sur IR) ; le troisième tour Kendrick Green avait été ajouté. Le playcall new look (lancers plus courts, sweeps etc) pouvait aider la ligne offensive, mais jusqu’à un certain point.

Beaucoup de questions légitimes sur cet ensemble et sur son impact sur les performances ; le premier concerné était évidemment Big Ben, le deuxième était celui qui devait porter le poids du jeu au sol : le premier tour coureur Najee Harris. James Conner était parti à Arizona et Harris devait prendre la suite pour remettre un coup de boost à un secteur en berne ; Benny Snell et Jaylen Samuels étaient là pour l’aider, mais aussi pour attraper les passes du #7. Ce dernier repartait avec les mêmes armes… en espérant moins de drops : JuJu Smith-Schuster avait finalement resigné pour un an, Chase Claypool avait déjà tout d’un grand, Diontae Jonhson devait faire attention à ses mains et James Washington était là pour faire le complément. Chez les Tight Ends, Eric Ebron était redevenu une drop machine et le deuxième tour Pat Freiermuth comptait bien se faire une place.

En défense, c’était l’inverse de l’attaque : la ligne était inchangée, le reste un peu moins. Le trio Cameron Heyward – Tyson Alualu – Stephon Tuitt (ce dernier démarrant aussi sur IR) rempilait, bon pied bon oeil mauvaises intentions envers les offensives adverses ; comme J2S2, Alualu avait failli partir mais il avait décidé de rester un peu plus longtemps. Chez les Linebackers, le retour de blessure de Devin Bush était la meilleure nouvelle : il n’allait pas retrouver l’emblématique Vince Williams qui avait pris sa retraite, mais un Robert Spillane qui avait profité des circonstances pour se montrer en 2020 et l’ex-Jaguar Joe Schobert récupéré dans un échange ; autant dire que le poste d’Inside Linebacker risquait encore d’être une force dans la défense. Sur les ailes, T.J. Watt était toujours là, mais pas Bud Dupree : Alex Highsmith avait eu une campagne rookie intéressante qu’il devait confirmer, avec l’ex-Charger Melvin Ingram pour l’aider.

C’était surtout l’excellente arrière-garde qui avait pris du shrapnel : Mike Hilton et Steven Nelson étaient partis. L’équipe avait fait venir l’ex-Seahawk Ahkello Witherspoon sur échange pour épauler le vétéran Joe Haden et les jeunots Cameron Sutton, Antoine Brooks ou Justin Layne. Derrière tout cela, on avait du connu : Minkah Fitzpatrick et Terrell Edmunds, mais il fallait étudier l’impact de ces changements.

Plusieurs secteurs avaient été remaniés, posant les questions qui allaient avec, et le calendrier était bien corsé. Mais les pedigrees de Mike Tomlin et de la franchise faisaient que cette équipe défendrait son titre de division bec et ongles. Maintenant en ce qui concernait l’avancée dans les playoffs…

 

La saison

 

Wk Loc. Adversaire Rés. Score Bilan Détails
1 @ Buffalo W 23-16 1-0 cwpo/W
2 vs. Las Vegas (1-0) L 17-26 1-1 cwp
3 vs. Cincinnati (1-1) L 10-24 1-2 dwp
4 @ Green Bay (2-1) L 17-27 1-3 wp
5 vs. Denver (3-1) W 27-19 2-3 co
6 vs. Seattle (2-3) W 23-20 (OT) 3-3 o/TL
7 BYE
8 @ Cleveland (4-3) W 15-10 4-3 do/W
9 vs. Chicago (3-5) W 29-27 5-3 o
10 vs. Detroit (0-8) T 16-16 (OT) 5-3-1 o/TT
11 @ LA Chargers (5-4) L 37-41 5-4-1 cwo
12 @ Cincinnati (6-4) L 10-41 5-5-1 dwp
13 vs. Baltimore (8-3) W 20-19 6-5-1 do/W
14 @ Minnesota (5-7) L 28-36 6-6-1 o
15 vs. Tennessee (9-4) W 19-13 7-6-1 cwpo/W
16 @ Kansas City (10-4) L 10-36 7-7-1 cwp
17 vs. Cleveland (7-8) W 26-14 8-7-1 d
18 @ Baltimore (8-8) W 16-13 (OT) 9-7-1 do/TT
PLAYOFFS
WC @ #2 Kansas City (12-5) L 21-42

 

Le bilan de saison régulière

 

Global Bilans
Saison 9-7-1
Demi-saison 5-3-1 4-4
Quart-saison 2-3 3-0-1 1-3 3-1
Détail Bilans
Domicile 6-2-1
Extérieur 3-5
Division (d) 4-2
Conférence (d+c) 7-5
Équipes > .500 (w) 2-6
Équipes en playoffs (p) 2-5
Matchs à une possession (o) 8-2-1
4e quart-temps (W-L-TT-TL) 4-0-2-1
Prolongations 2-0-1
Difficulté Bilans
Calendrier projeté (2020) 155-115-2 (0.574, 1er)
Calendrier réel (2021) 150-138-1 (0.521, 7e)
Écart entre les deux -0.053 (3e)

 

Les Steelers adorent donner des matchs nuls aux équipes sur des longues séries de défaites (Cleveland en 2019, Detroit cette année), et ils peuvent remercier le Kicker de Detroit qui a manqué le FG de la gagne, ce qui leur permet d’arracher les playoffs à la fin de la saison. Cela a fait partie du mauvais troisième quart qui a failli coûté cher, mais le finish a inversé la tendance, avec notamment cette victoire face à Tennessee (et le doublé dans la division). Pour comprendre pourquoi nous disions dans l’entête que c’était à l’arrache, regardez les bilans dans les matchs à une possession, dans le dernier quart-temps et en prolongation. Même s’il a été plus facile que prévu, le calendrier a été bien difficile, mais attention tout de même à ce que cela peut dire pour la saison prochaine si les failles ne sont pas comblées…

 

La réalité

 

Attaque Steelers Rang Adversaire Rang
Points par match 20.2 21 23.4 20
TDs 34 26 43 12
Yards par match 315.4 23 361.1 24
First Downs par match 19.0 24 20.8 22
Third Down % 38.912 18 37.069 7
Redzone Drive % 28.042 26 33.158 19
Redzone TD % 54.000 23 50.848 5
Big plays 50 24 68 26
Pass/Run ratio 1.708 30 1.241 23
QB/Cover Rating 85.3 24 88.7 11
Turnovers 20 10 22 14
Défense Steelers Rang Adversaire Rang
Stuff % 2.986 12 2.416 16
Pressions 161 3 112 7
Sacks 55 1 38 16
Équipes Spéciales Steelers Rang Adversaire Rang
Field Goal % 90.000 7 89.474 24
Extra Point % 93.103 19 92.683 12
Punt Net Yards 38.4 28 39.0 4
Autres Steelers Rang Adversaire Rang
Pénalités par match 6.2 18 7.2 1
TOP moyen 29:07 24
Extra Stat Steelers Rang Adversaire Rang
Points Après 3 QTs Par Match 9.9 31 17.0 24

 

Quand on passe de 12-4 à 9-7-1, il n’est pas surprenant de voir que les deux escouades ont eu plus de mal. Regardez les chutes des différentiels d’une année sur l’autre : -9.7 en différence de points, -20 en TDs, -74.5 en yards, -4.4 en first downs, -20 en big plays, -18 en voyages en redzone, -63 en pressions et -25 en sacks ; nous parlons bien ici des DIFFÉRENTIELS attaque/défense, ce qui veut dire que l’efficacité a chuté à la fois du côté offensif et défensif. L’attaque a évidemment été la pire avec ses -5.8 points par match, 14 TDs, -8 big plays ou -9.5% de voyages en redzone terminant en TD ; mais la défense a aussi eu ses ratés avec +55.3 yards par match, +3.2 first downs par match, +12 big plays ou +16 voyages adverses en redzone.

Pour corroborer le bilan en dernier quart-temps et cette qualification inespérée, l’Extra Stat montre que les Steelers avaient en moyenne un TD de retard à l’orée du dernier quart-temps, ce qui leur a demandé de faire des finishs improbables à la pelle : ils ont scoré 49.3% de leurs points dans le quatrième quart-temps seul (top NFL). C’est ironique car pourtant l’attaque a été bien plus efficace sur premier drive avec +18 points à 31 (18e), même si ce n’est toujours pas idéal.

Voici les récompenses de la saison :

 

T.J. Watt – LB
Plaquages 64, avec 48 solo, 1.5 stuffs, 11 manqués
Fumbles Déf. 5 forcés (5e), 3 récupérés (top NFL)
Pass-Rush 60.5 pressions (top NFL), 22.5 sacks (top NFL)
Couverture 7 PDs

 

Quand vous égalez un record qui refuse de tomber depuis un bon moment – et avant que vous pointiez sur les 17 matchs, il en a loupé deux plus des bouts d’autres – vous méritez le Most Valuable Player (et le NFL Defensive Player Of The Year).

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Trent Jordan est en train de faire presque oublier Justin James, mais ce qui est sûr c’est qu’ils pourraient bien devenir les deux premiers frangins au Hall Of Fame à ce rythme. Watt a donc atteint la marque des 22.5 sacks sans parvenir à la dépasser, mais cela prouve à quel point il continue à dominer ses adversaires et être un fer de lance de la défense. Il a été un poil moins actif contre la course, mais c’est du pinaillage à ce niveau.

 

Diontae Johnson – WR
Course 5 courses, 53 yards, 1 big play
Réception 107 réceptions (5e), 1161 yards (10e), 8 TDs, 14 big plays, 8 BTKs
Avancé 63.3%, 4 drops, 91.9 de Target Rating
Cumulé 112 touches, 1214 yards, 8 TDs, 15 big plays, 8 BTKs
Moyennes 10.6 yards par course
10.9 yards par réception
Fumbles Off. 2 commis, 2 perdus

 

Pendant qu’on se grattait la tête sur l’état de l’offensive des Steelers entre les déceptions et les blessés, Johnson a fait une bonne saison, terminant top team dans toutes les catégories en réception.

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Ces deux fumbles sont dommageables et il a malheureusement retrouvé ses moufles en ciment vers la fin de la saison, mais il s’était bien amélioré jusque là avec peu de drops au vu de son volume de travail. Certains dansent / font des Tik Tok, d’autres jouent les intermittents du spectacle ; Johnson, lui, a répondu présent avec régularité, réussissant 3 matchs à 100+ yards et attirant les DPIs avec 5.

Par contre, il faut vraiment qu’il se discipline avec 9 pénalités (dont 6 false starts)… pour un receveur, ça fait beaucoup.

 

Najee Harris – RB
Course 307 courses (2e), 1200 yards (4e), 7 TDs, 6 big plays (9e), 29 BTKs (2e)
Réception 74 réceptions, 467 yards, 3 TDs, 3 big plays, 16 BTKs (top NFL)
Avancé 78.7%, 7 drops, 98.0 de Target Rating
Cumulé 381 touches (top NFL), 1667 yards (4e), 10 TDs, 9 big plays, 45 BTKs (top NFL)
Moyennes 3.9 yards par course
6.3 yards par réception
4.2 yards par occasion

 

Johnson a été important en réception, mais il n’a pas pu égaler la production du rookie premier tour Harris qui se retrouve déjà catapulté Offensive Player Of The Year. Vous allez probablement bondir en voyant ses moyennes, c’est tout à fait légitime mais pas du tout de son fait, et nous en reparlerons plus bas : difficile de faire des miracles quand vous êtes à 1.8 yards avant contact en moyenne. Harris a souvent été rapidement dans le viseur des défenseurs, mais sa capacité monstre à casser des plaquages l’a aidé à ne pas avoir des moyennes trop basses.

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C’est un vrai travail d’acharné du jeunot qui mérite récompense, car il a laissé des miettes aux autres ; Benny Snell Jr. n’a pu accumulé que 38 touches pour 111 yards à 2.7 yards par course.

 

Cameron Heyward – DL
Plaquages 89, avec 54 solo, 5 stuffs, 3 manqués
Fumbles Déf. 1 forcé, 1 récupéré
Pass-Rush 27 pressions, 10 sacks
Couverture 9 PDs, 1 INT

 

Que peut-on dire sur Heyward que l’on n’ait pas déjà dit auparavant ? Encore une fois, le vétéran de la ligne défensive a tenu son rang, a plaqué du coureur (il n’a jamais réussi autant de plaquages), sacké du Quarterback (deuxième fois seulement qu’il atteint les dizaines) et mis le boxon en général dans les lignes offensives. Dans une unité qui n’a pas été épargnée par les blessures, le fils de Tête de Fer a fait sa prestation hors-norme habituelle.

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Nous avons laissé sa stat en “couverture” juste pour le fun et pour préciser qu’il est top team en passes défendues. Il fait aussi les mariages, baptêmes, bar mitzvahs et le papier-peint.

 

Pat Freiermuth – TE
Réception 60 réceptions, 497 yards, 7 TDs, 2 big plays, 6 BTKs
Avancé 75.9%, 2 drops, 121.1 de Target Rating
Moyennes 8.3 yards par réception
Fumbles Off. 1 commis, 1 perdu

 

Afin d’éviter de surchager Harris (même s’il a eu l’habitude cette saison), c’est le deuxième tour qui récupère la récompense : il a pris une part de plus en plus importante dans le jeu aérien, étant un receveur sûr. Il a également répondu présent le peu de fois qu’on lui a demandé de bloquer à la passe, mais il doit largement s’améliorer dans le jeu au sol. Il ne lui reste plus qu’à essayer d’être une menace encore plus verticale car sa moyenne devrait gagner quelques yards.

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Bon, sur ce nous avons fini les bons points avec les cibles entre Johnson, “Muth” et Harris, donc sortez le tromblon.

OK, à moitié pour Chase Claypool car il a tenu son rang de dragster avec 59 réceptions pour 860 yards, 14.6 yards par réception, 2 TDs et 13 big plays, avec 56.2% de réceptions et 5 drops ; le souci c’est qu’avec un J2S2 rapidement parti sur IR, on attendait qu’il saisisse l’opportunité d’exploser à bras-le-corps, et il s’est fait voler la vedette par Johnson. Ray-Ray McCloud et James Washington ont été moins bon qu’en 2021 avec 63 réceptions pour 562 yards et 2 TDs. Le Tight End Zach Gentry a surtout officié au block (où il a été bon par ailleurs). Vous ne voyez pas le nom d’Eric Ebron ? Normal, il n’a joué que la moitié de la saison en étant transparent.

Et si Harris a souffert avec ses gros, laissez-nous vous parler de Ben Roethlisberger qui n’a pas eu le temps de viser très loin : 64.5%, 3740 yards, 6.2 yards par passe tentée (9e pire marque), 9.6 yards par complétion (4e pire marque), 22 TDs, 10 INTs, 5 fumbles perdus, 38 sacks, 86.8 de QB Rating et 2.38 secondes pour lancer en moyenne (2e pire marque). Big Ben, comme Harris, telles les deux faces de la même pièce fabriquée en mousse de ligne offensive, a bataillé contre ses propres “protecteurs” sans trop arriver (41 big plays à la passe – 27e – soit 9.7% des passes – 31e). Encore heureux que les cibles aient cassé 39 plaquages (top NFL) et atteint un taux de 54.4% de YAC (8e), sinon cela aura été encore pire.

Et justement, puisqu’on a ré-abordé le sujet, il est temps de recharger le tromblon.

 

La ligne offensive
Stuffs 33 (16e) soit 2.4% des plaquages (16e)
Pressions 112 pressions (7e) soit 16.9% par action de passe (2e)
Sacks 38 sacks (16e) soit 5.4% par action de passe (11e)
Taux de conversion 33.9% (27e)

 

C’est sûr, prises comme cela, les stats de la ligne offensive sont plutôt bonnes. Mais retournez lire le Most Valuable Player ou la récompense précédente, et vous voyez que ce sont les autres qui ont limité les dégâts, parce que l’unité n’a rien fait pour arranger les choses.

Les Steelers ont décidé de placer le troisième tour Kendrick Green au Centre à la place de J.C. Hassenauer, et le jeunot (qui était Guard à l’Université) a été régulièrement mis en difficulté (9 pénalités) ; il s’est néanmoins amélioré sur la fin mais il y a encore beaucoup de travail. David DeCastro a été libéré suite à son problème de cheville, forçant les Steelers à aller chercher Trai Turner qui n’a pas été mauvais tout bien considéré. Cela a été plus compliqué de l’autre côté avec Kevin Dotson, Joe Haeg, et John Leglue ; le premier n’a fait qu’une moitié de saison et a été moins impressionnant que l’année dernière, alors que les deux autres ont tenté de le remplacer avec inconstance.

Les deux Tackles ont fait toute la saison, mais le résultat est décevant : à gauche, le quatrième tour Dan Moore a supplanté Alejandro Villanueva, et cela a été une boucherie. À droite, Chukwuma Okorafor a accumulé les mouchoirs jaunes (11 pénalités) et il a été moyen. Bref, si on peut comprendre que c’est un renouvellement un peu brutal (et un peu forcé pour DeCastro), était-ce le bon moment de le faire pour la dernière de Big Ben.

 

Le pass-rush
Pressions 161 pressions (3e) soit 28.6% par action de passe (2e)
Sacks 55 sacks (top NFL) soit 8.9% par action de passe (2e)
Taux de conversion 34.2% (4e)
Sackeurs 11 (26e) soit 5.0 par joueur (top NFL)

 

Rangez le tromblon mais laissez-le brancher, il va revenir sur la passoire au sol. D’ailleurs, à cause de cette dernière, il est logique que la couverture n’ait pas vu une ribambelle de passes dans sa direction, mais c’est également parce que les Quarterbacks voulaient fuir la tornade Watt. Il n’a pas été seul sur le coup : nous avons déjà parlé de Heyward qui a atteint les 10 sacks, mais derrière lui on retrouve Alex Highsmith (21 pressions dont 6 sacks) et Chris Wormley (17 pressions dont 7 sacks).

Ce quatuor a été le meilleur ami d’une couverture qui a fait le travail : 63.1% (9e), 215.1 yards par match (9e), 6.5 yards par passe tentée (13e), 24 TDs (7e), 13 INTs (15e), un QB Rating adverse de 88.7 (11e), 44 big plays (8e) et 2 matchs d’un Quarterback à 300+ yards (4e). À commencer par les moulins à vent Watt et Heyward qui, nous vous le rappelons, ont réussi 16 passes défendues à eux deux juste en levant la papatte s’ils n’arrivaient pas jusqu’au lanceur.

“Derrière” eux, il y a deux clans assez nets : les bons, et les autres. Cameron Sutton (le plus visé à 67 ciblages) a eu du mal à tenir la cadence avec 67.2%, 9.1 yards par ciblage, 5 TDs, 2 INTs, 6 passes défendues et 108.4 de Cover Rating ; sans oublier 16.1% de plaquages ratés. On a connu Joe Haden plus incisif (59.6%, 3 TDs, 6 passes défendues, 101.9 de Cover Rating). Le jeune James Pierre a forcé 3 fumbles et réussi 1 INT, mais il a autorisé 4 TDs pour 107.7 de Cover Rating.

Du côté des bons, Minkah Fitzpatrick a encore été l’homme à tout faire (top team plaqueur à 124) mais même lui a parfois été en difficulté en couverture (66.7%, 2 TDs, 2 INTs, 7 passes défendues, 86.6 de Cover Rating). Terrell Edmunds a été solide avec 56.3%, 2 TD, 2 INTs, 6 passes défendues et 63.4 de Cover Rating. Et une arrivée a fait beaucoup de bien, mais nous en parlerons un peu plus tard.

 

La défense contre la course
Stats 146.1 yards par match (pire), 5.0 yards par course (pire), 17 TDs (21e)
Explosivité 24 big plays (pire) dont 3 homeruns (29e)
Stuffs 39 (9e) soit 3.0% des plaquages (12e)
Matchs marquants 6 matchs d’un coureur à 100+ yards (29e)

 

Le front-7 est en général une force de l’équipe, mais cette année il a subi trop de pertes pour être vraiment efficace. Tyson Alualu et Stephon Tuitt sont allés sur IR bien trop tôt, et Devin Bush a été totalement méconnaissable de son retour de blessure ; il faut espérer pour lui que ce sont juste les artefacts physiques et mentaux de sa rupture d’ACL de la saison dernière, car il a vraiment paru perdu et dominé sur le terrain.

Quand vous avez cette colonne vertébrale en moins, les autres doivent sortir les rames, mais les manques étaient trop importants : Highsmith doit être salué avec 9 stuffs, Edmunds a tenté d’aider avec 7 stuffs (mais moins d’efficacité en général), alors que les Cornerbacks Sutton et Arthur Maulet sont venus apporter un soutien intermittent avec 9 stuffs cumulés, mais même avec Watt et Heyward qui aident, quand le reste ne suit pas (comme Bush, Joe Schobert ou Robert Spillane), c’est intenable. C’est bien beau de réaliser des stuffs, mais quand vous postez des stats pareilles à côté, c’est que vous avez laissé des trous la plupart du temps (voilà pourquoi les stuffs sont toujours une stat à prendre avec des pincettes).

 

Ahkello Witherspoon – CB
Plaquages 15, avec 14 solo, 1 stuff, 5 manqués
Couverture 34 ciblages, 38.2% (3e), 228 yards, 1 TD, 9 PDs, 3 INTs
Moyennes 6.7 yards par ciblage
17.5 yards par complétion
Cover Rating 34.9 (3e)

 

L’ex-49er déçoit rarement, même s’il est loin de jouer tous les snaps : cela tombe bien, cela a été exactement la même chose à Pittsburgh. Witherspoon a été redoutable en couverture dans le slot, rattrapant le niveau de certains autres.

 

Les ajouts sur la ligne offensive (Haeg, Turner) ont quand même permis d’empêcher une VRAIE catastrophe, et tous les contrats étaient peu onéreux, donc la récompense part à la mitraille… mais il s’en faut de peu.

 

La victoire 16-13 en prolongations contre Baltimore en Week 18. Qualification en playoffs pour la dernière de Big Ben en saison régulière, en battant le rival haï, chez lui, et l’éliminant par la même occasion.

 

Impuissants contre Cincinnati. Certes, ce n’est pas glorieux de donner un match nul à Detroit (en étant même plus près de le perdre que de le gagner), mais dans l’AFC North tout a toujours plus d’importance. Quand vous avez été le grand frère dans une relation pendant un paquet de temps, ça doit faire bizarre de se prendre deux baffes, SURTOUT la deuxième à domicile qui est la pire défaite de Pittsburgh cette saison.

 

Le futur

 

Wk Type Loc. Adversaire Bilan Statut JNR
1 @ Cincinnati 10-7 DivChamp 0
2 vs. New England 10-7 Playoffs 0
3 TNF @ Cleveland 8-9 Négatif 0
4 vs. NY Jets 4-13 Négatif 3
5 @ Buffalo 11-6 DivChamp 0
6 vs. Tampa Bay 13-4 DivChamp 0
7 SNF @ Miami 9-8 Positif 0
8 @ Philadelphia 9-8 Playoffs -7
9 BYE
10 vs. New Orleans 9-8 Positif 8
11 SNF vs. Cincinnati 10-7 DivChamp -7
12 MNF @ Indianapolis 9-8 Positif 0
13 @ Atlanta 7-10 Négatif -1
14 vs. Baltimore 8-9 Négatif 0
15 @ Carolina 5-12 Négatif 0
16 STF vs. Las Vegas 10-7 Playoffs 0
17 @ Baltimore 8-9 Négatif 0
18 vs. Cleveland 8-9 Négatif 0

 

Matchs Nombre Rang
Vs. équipes avec un bilan positif en 2021 10 7
Vs. équipes qualifiées en playoffs en 2021 7 14
Bilans Bilan Rang
Cumulé total 148-141 (0.512) 12
Cumulé à domicile 72-64 (0.529) 6
Cumulé à l’extérieur 76-77 (0.497) 17
Écart domicile/extérieur 0.032 9
Stats additionnelles Valeur Rang
Kilométrage total théorique 5178 1
Total jours nets de repos entre les matchs -4 23

 

On est jamais mieux que chez soi… ou pas très loin : Pittsburgh est l’équipe qui aura le moins de kilomètres à faire, mais pour autant le programme ne va pas être évident, surtout à Heinz Field avec New England, Las Vegas et la moitié forte de la NFC South (sans oublier la division évidemment). C’est pour cela que même le gros bloc rouge en fin de saison n’est pas si facile que cela puisqu’il y aura notamment la double confrontation contre Baltimore.