NFL Team Honors III : Pittsburgh

500-Steelers

Pittsburgh a mis un peu de temps à démarrer offensivement, devant sa bonne première partie de saison à la défense. Puis l’attaque a trouvé son rythme, mais la défense a perdu Ryan Shazier ; cela ne l’a quand même pas empêchée de terminer parmi les meilleurs bilans de NFL. Néanmoins, les deux matchs contre Jacksonville auront percé à jour les limites de la franchise, que ce soit en saison régulière ou surtout en Divisional Round. Les Steelers ont un effectif talentueux mais il y a quand même certaines choses qui posent question, à commencer par le futur du #50.

À lire en rappelant ce vieil adage : « hit what you see, see what you hit ».

 

PITTSBURGH STEELERS
1er AFC North ~ 13-3 / 0-1

 

Les prévisions de Madame Soleil 2017

 

Si on voulait être cynique, on pouvait se dire que la draft 2013 des Steelers, quatre ans plus tard, était une vraie réussite : le premier tour (Jarvis Jones), le troisième tour (Markus Wheaton) et le quatrième tour (Shamarko Thomas) étaient allés voir ailleurs, et le deuxième (Le’Veon Bell) entrait dans un bras de fer au sujet de son Franchise Tag ; au moins il restait Landry Jones et le sixième tour Vince Williams. Mais ce n’était pas tout, car les Steelers tiraient aussi un trait sur la moitié de leur Free Agency 2016 avec la retraite du Tackle Ryan Harris et surtout la libération du Tight End Ladarius Green après une seule saison pourrie par les blessures. À tout cela il fallait rajouter le départ de l’emblématique mais vieillissant Inside Linebacker Lawrence Timmons (propulsant justement Vince Williams comme titulaire aux côtés d’un Ryan Shazier enfin épanoui), et tout d’un coup l’effectif de Pittsburgh avait quand même une tête un peu différente.

Du côté des arrivées, rien de bien clinquant : l’ex-Bill receveur Justin Hunter, l’ex-Jaguar Defensive End Tyson Alualu, l’ex-Titan Cornerback Coty Sensabaugh… jusqu’à la signature de l’ex-Brown Cornerback Joe Haden ; mais à condition que ce soit le Haden d’avant 2015, et non la version très édulcorée vue depuis. Pour essayer de stabiliser le pass-rush, le premier tour avait été utilisé sur Trent Jordan (T.J.) Watt, le frère de Justin James ; entre Bud Dupree et lui, il était temps que le meilleur sackeur des Steelers descende un peu dans les âges (James Harrison avait 39 ans). Pas de changement autour avec des joueurs confirmés comme les Defensive Ends Cameron Heyward & Stephon Tuitt, le Cornerback Ross Cockrell ou le Safety Mike Mitchell, et des sophomores prometteurs comme le Cornerback Artie Burns et le Safety Sean Davis. Du côté de l’attaque, la ligne était inchangée, le poste de Tight End était occupé par Jesse James et le transfuge de San Francisco Vance McDonald, alors que le retour de suspension de Martavis Bryant signifiait celui de la menace longue distance qui avait si cruellement fait défaut pour Big Ben l’année dernière. Le deuxième tour receveur JuJu Smith-Schuster était également là pour aider ; si Bell voulait bien arrêter de bouder, les 3B repartaient pour un tour et avaient du soutien.

Le retour de Bryant était tout sauf innocent ; on avait vu à quel point Ben Roethlisberger était à court d’idées autre que de jouer avec Bell et Antonio Brown en fin de saison 2016. Si la défense des Steelers pouvait trouver son rythme et éviter les blessures plus rapidement, Pittsburgh avait les armes pour remporter la division. Aller potentiellement détrôner leur bête noire à Foxboro ensuite ? C’était déjà plus envisageable aussi.

 

La saison

 

  • Week 1 : @Cleveland, 21-18
  • Week 2 : Minnesota, 26-9
  • Week 3 : @Chicago, 17-23 (OT)
  • Week 4 : @Baltimore, 26-9
  • Week 5 : Jacksonville, 9-30
  • Week 6 : @Kansas City, 19-13
  • Week 7 : Cincinnati, 29-14
  • Week 8 : @Detroit, 20-15
  • Week 9 : BYE
  • Week 10 : @Indianapolis, 20-17
  • Week 11 : Tennessee, 40-17
  • Week 12 : Green Bay, 31-28
  • Week 13 : @Cincinnati, 23-20
  • Week 14 : Baltimore, 39-38
  • Week 15 : New England, 24-27
  • Week 16 : @Houston, 34-6
  • Week 17 : Cleveland, 28-24

 

Le bilan

 

  • Global : 13-3.
    • Par demi-saison : 6-2, 7-1.
    • Par quart de saison : 3-1, 3-1, 4-0, 3-1.
    • À domicile : 6-2.
    • À l’extérieur : 7-1.
    • Dans la division : 6-0.
    • Dans la conférence : 10-2.
    • Contre les équipes ayant terminé avec un bilan positif : 6-2.
    • Contre les équipes qualifiées en playoffs : 3-2.
    • Dans les matchs à une possession d’écart : 8-2.
    • En dernier quart-temps (W-L-TT-TL) : 4-1-1-0.
    • En prolongation : 0-1.
  • Calendrier projeté (avec les bilans de 2016) : 114-138-4 (0.453, 27e).
  • Calendrier réel (avec les bilans de 2017) : 116-140 (0.453, 29e).
    • Écart entre les deux : 0.000 (17e).

Même avec Cleveland dans la division, le calendrier a été celui attendu grâce à Jacksonville ou Minnesota. Les Steelers ont fait la différence avec 2016 à l’extérieur ; c’est là que se sont trouvées les deux victoires de plus. Ils ont été impressionnants dans tous les domaines, notamment le bilan contre les équipes ayant terminé en positif (3-3 vs. 6-2) et les matchs à une possession d’écart (5-2 vs. 8-2). Cependant, cela indique qu’il y a eu bien plus de matchs serrés ; on remarque également une différence de points moyenne moins large dans les victoires (-3 par rapport à 2016 à +9.8) et une différence plus large dans les défaites (+3.8 à -10). Il y a aussi quatre victoires arrachées en dernier quart-temps (une de plus qu’en 2016) et le fait que les Steelers ont dû réussir un retour de -17 dans un match (top NFL – contre Cincinnati en Week 13). En résumé, si le bilan est meilleur, le chemin a été plus compliqué.

 

Les playoffs

 

  • Wild Card : BYE
  • Divisional Round : Jacksonville, 42-45

 

La réalité

 

Malgré ce qui a été dit avant (les méformes, les démarrages en diesel, les blessures), on ne peut pas dire que les Steelers soient à la traîne niveau statistiques. Du côté offensif, c’est 25.4 points marqués (8e) dont 46 au total sur premier drive offensif (6e) ou 62 dans les deux dernières minutes des mi-temps (11e), 43 TDs (7e), 377.9 yards (3e), 5.8 yards par action (7e), 21.8 first downs (3e), 62 big plays (11e) dont 16 homeruns (2e), 67 voyages en redzone (3e), 44.8% d’actions jouées dans le terrain adverse (9e) et 21 drives y démarrant (3e), 44% de 3e tentatives converties (2e) et 15.6% de drives terminant en 3&out (top NFL) d’où 31:59 de temps de possession moyen (4e). Le seul bémol que l’on peut trouver, ce sont les 50.8% de voyages en redzone terminant en TD (22e), sinon Pittsburgh aurait pu terminer en tête de la ligue au niveau des points.

Défensivement, cela a été costaud aussi : 19.2 points encaissés (7e) avec notamment un trou en troisième quart-temps (5.7 – 26e) mais bien récupéré dans le dernier (3.9 – top NFL) ainsi que 20 points totaux sur premier drive adverse (3e) et 42 points dans les deux dernières minutes des mi-temps (10e), 36 TDs (12e), 306.9 yards (5e), 16.9 first downs (4e), 39 voyages adverses en redzone (3e) ce qui mitige un peu les 61.5% terminant en TD (28e), 34.6% d’actions jouées dans son propre terrain (2e) et 9 drives adverses y démarrant (3e). Elle a régulièrement su mettre l’attaque adverse en difficulté avec 8.6 yards de moyenne à faire sur 2e tentative et 8.0 yards sur 3e, les meilleures marques NFL ; cela explique les 36.2% de 3e tentatives autorisées (7e) et les 26.2% de drives adverses terminant en 3&out (7e). Néanmoins, elle a quand même été un peu souvent trop battue à longue distance, en témoignent les 58 big plays (15e) dont 16 homeruns (30e), ce qui fait monter la moyenne à 5.2 yards par action (14e). On ne peut pas tout avoir.

Voici les récompenses de la saison :

Il a créé le mélodrame habituel pendant l’intersaison, et il l’a payé en début de saison en semblant rouillé, mais c’est justement cela qui rend les stats finales encore plus fortes : 321 courses (top NFL) pour 1291 yards (3e), 9 TDs (3e) et 74 first downs (top NFL) + 85 réceptions (10e) pour 655 yards et 2 TDs. Cela lui donne un total de 406 touches (top NFL) soit 49.5% de l’équipe (top NFL), 1946 yards (2e) soit 31.4% de l’équipe (2e), 11 TDs (6e) et 105 first downs (top NFL). Certes, il a commis 3 fumbles, il n’est « qu’à » 4.0 yards par course de moyenne et toutes les screen passes dans sa direction ont réussi l’exploit de lui donner plus de yards après réception (699 – 2e NFL) que de yards au total (655). Cependant, cela ne change rien à l’affaire : Le’Veon Bell est la définition même du Most Valuable Player, continuant à produire des saisons énormes même si les adversaires savent qu’il va énormément toucher la balle. Et lui le sait aussi, d’où les mélodrames d’intersaison précités.

http://www3.pictures.zimbio.com/gi/Le+Veon+Bell+New+England+Patriots+v+Pittsburgh+b6AIQDUXKJ6l.jpgSans surprise, c’est le moteur principal du jeu au sol… et il en a parfois subi un peu les conséquences : 104.2 yards (20e), 3.8 yards par course (25e), 12 TDs (15e), 6 big plays (28e) dont aucun homerun et 4 matchs d’un coureur à 100+ yards (7e – tous de Bell, quelle surprise). Dans l’ensemble, l’attaque terrestre des Steelers a été présente mais un peu moins en verve que l’année dernière, la faute à ce lent démarrage et à une ligne offensive qui a parfois manqué d’impact.

Deux blessures, potentiellement, auraient pu faire dérailler la saison régulière des Steelers : nous reviendrons sur la première, c’est celle à laquelle vous pensez, mais il y en a également une sur la ligne offensive ; celle de l’excellent Right Tackle Marcus Gilbert. Néanmoins, les deux joueurs qui ont élevé leur niveau de jeu pour les contrebalancer sont à noter car ils n’ont pas souvent été cités : l’Offensive Tackle Chris Hubbard et l’Inside Linebacker Vince Williams.

Commençons par Williams, qui a fait sa meilleure saison à Pittsburgh avec 89 plaquages dont 2 run stuffs, 22 pressions dont 8 sacks, 1 passe défendue et 1 INT ; il a été un fidèle lieutenant pendant toute l’année et s’est même découvert une passion pour le pass-rush, même si on aimerait qu’il ait un peu plus d’importance dans le jeu au sol. Il est un peu court au niveau athlétique mais il compense par une volonté féroce de faire ce qu’il faut dans l’ombre.

Hubbard est le meilleur Offensive Lineman remplaçant des Steelers et cela s’est vu quand il a dû remplacer Gilbert au pied levé ; s’il n’est pas du niveau de son compère, il a été admirable sur le côté droit pour assurer la continuité. Il est vrai, cependant, que l’unité a peut-être été un peu moins souveraine que par le passé. 11.7% des courses ont terminé en run stuffs (13e), soit +3.4% par rapport à l’année dernière. 91 pressions concédées (4e) dont 24 sacks (3e), c’est légèrement plus qu’en 2016, même si cela reste excellent ; par exemple, le taux de pression par action de passe a pris +2%.

Certes, on ne parle pas de Seattle et l’unité reste d’un haut niveau, mais comme dit précédemment, elle a parfois donné des petits signes de faiblesse ; surtout dans le jeu au sol où la moitié droite formée par Maurkice Pouncey, Ramon Foster et Hubbard a un peu souffert. Le côté gauche continue d’être une force dans tous les secteurs avec David DeCastro et Alejandro Villanueva.

Le débat fait rage pour savoir s’il est le meilleur receveur de la ligue, en attendant il mérite le titre d’Offensive Player Of The Year : Antonio Brown a mené la ligue avec 1533 yards (sa cinquième saison consécutive à 1000+), 8 matchs à 100+ yards et 27 gains de 20+ yards ; c’est également la cinquième saison de suite qu’il amasse 100+ réceptions à 101 (5e NFL) sur 162 ciblages (2e) pour 9 TDs et 71 first downs (2e). Et encore, il aurait probablement pu dépasser DeAndre Hopkins en ciblages s’il n’avait pas dû rater la fin de saison suite à une blessure contre New England. Il y a une raison pour laquelle les 3B sont regroupés ainsi : chacun des trois est aussi important que les autres, et si l’un disparaît ce n’est déjà plus la même histoire.

http://www4.pictures.zimbio.com/gi/Antonio+Brown+Green+Bay+Packers+v+Pittsburgh+V4Y_pGbiKWHl.jpgEt puisque nous en parlons, terminons le triumvirat avec une saison assez étrange de Ben Roethlisberger. À l’image de l’attaque, il était légitime de se demander ce qu’il se passait en début de saison tant l’escouade et son Quarterback semblaient encore en plein sommeil : les déclarations de ce dernier concernant une possible retraite et le futur du poste dans la franchise ou la dépendance Brown-Bell mise en lumière l’année dernière avec des INTs sur des passes un peu désespérées donnaient l’impression d’avoir déteint sur le début de 2017.

Puis la deuxième moitié de saison est arrivée, et on a retrouvé le vrai Big Ben, prolifique et décisif ; qui peut oublier ces deux TDs dans le Divisional Round sur 4e tentative ? Il a inversé la tendance pour terminer la saison avec de très bonnes stats : 64.2%, 4251 yards (7.6), 28 TDs, 14 INTs, 1 fumble, 21 sacks et 93.4 de QB Rating. Nous l’avons déjà vu faire mieux, mais étant donné le démarrage, c’est déjà une bonne chose d’avoir fini à ce niveau. Cela a entraîné un jeu aérien dans le top-5 des catégories majeures : 273.8 yards (3e) dont 132.2 après réception (2e), 7.4 yards par passe tentée (6e), 29 TDs (4e), 56 big plays (8e) dont 16 homeruns (top NFL) et 12 matchs d’un receveur à 100+ yards (top NFL aussi). Il aurait néanmoins pu être un peu plus aidé par ses cibles avec 20 drops (17e).

Certains pourraient arguer que la blessure de l’Inside Linebacker Ryan Shazier et l’effet domino assez dévastateur sur l’unité (et l’escouade), surtout en playoffs, suffiraient à en faire le Most Valuable Player ; c’est un argument qui se défend. Mais Shazier devra se « contenter » du Defensive Player Of The Year, ce qui est largement mérité.

http://www1.pictures.zimbio.com/gi/Ryan+Shazier+Pittsburgh+Steelers+v+Chicago+I6hztqRzueGl.jpgBien qu’il n’ait joué que les trois-quarts de la saison, il termine quand même à 89 plaquages dont 5 run stuffs, 2 fumbles forcés, 1 fumble récupéré, et il est probablement le meilleur défenseur contre la passe qui ne soit pas un Defensive Back avec 11 passes défendues et 3 INTs. Indispensable que ce soit contre la course ou dans la couverture, Shazier aura mis une saison à prendre son envol, et malheureusement il est probable qu’il soit coupé net. Son absence a fait apparaître son importance dans l’équipe et le manque de profondeur au poste malgré les efforts précités de Williams.

En général, vous voulez que vos premiers choix de draft aient le plus gros impact sur la saison dans des secteurs déficients la saison précédente. Bonne nouvelle pour Pittsburgh, cela a été le cas : le premier tour Linebacker T.J. Watt et le deuxième tour receveur JuJu Smith-Schuster ont chacun apporté beaucoup dans deux unités où il fallait du renfort.

Commençons par Watt, qui a explosé pour son premier match contre Cleveland avant de s’installer dans un rythme très intéressant en 3-4 Outside Linebacker : 54 plaquages dont 5 run stuffs, 19 pressions dont 7 sacks, 8 passes défendues, 1 INT, 1 fumble forcé, et il a même réussi à se faire remarquer sur équipes spéciales avec un Field Goal bloqué. Nous allons revenir sur la résurgence du pass-rush, et il est sûr que Watt a apporté sa contribution (comme Vince Williams).

http://www2.pictures.zimbio.com/gi/T+J+Watt+Baltimore+Ravens+v+Pittsburgh+Steelers+0yXSna8QGdel.jpgBig Ben avait fini par arriver à court de manières de trouver les deux autres B à la passe en 2016, et la franchise lui a donc apporté de l’aide avec J2S2 qui s’est révélé être une menace longue redoutable : 58 réceptions pour 917 yards (15.8), 7 TDs, 12 gains de 20+ yards et 39 first downs. Ajoutons qu’il n’a que 2 drops, que son taux de réception est remarquable à 72.5% et, qu’en plus, il a brillé sur équipes spéciales avec un TD sur retour de kickoff. C’est une saison tout à fait solide du jeune receveur qui n’a pas été aussi ciblé que Brown ou même Bell, mais qui a été la fameuse troisième arme qui avait tellement manqué l’année dernière.

Le receveur Martavis Bryant a failli revenir en deuxième année pour cette récompense avec son boudage en règle suite son temps de jeu réduit au profit du rookie J2S2 ; en premier lieu, s’il n’avait pas raté la saison 2016 pour suspension, il aurait pu donner des raisons à ses coachs de ne pas le mettre derrière dans le depth chart. Mais, au moins, son passage sur le banc l’a fait réfléchir et il a été une des raisons de la résurgence de Big Ben ; il finit à 50 réceptions pour 603 yards et 3 TDs mais 4 drops. On se contentera donc de pointer du doigt le Head Coach Mike Tomlin et le Coordinateur Défensif Keith Butler pour ce Divisional Round indigne de la franchise des Steelers, que ce soit le playcall bizarre ou l’écroulement total de la défense.

L’année dernière, malgré un réveil au cours de la saison, ce secteur était mené avec 5 unités par un papy de 38 ans. En 2017, changement de physionomie : les Steelers ont eu le meilleur pass-rush de la NFL avec 161 pressions (2e) dont 56 sacks (top NFL) soit un taux de conversion de 34.8% (top NFL aussi) ; même si on regarde au niveau des taux par action de passe, c’est la même chose avec 32.3% pour les pressions (2e) soit +10.2% par rapport à 2016 (2e) et 10.1% pour les sacks (top NFL) soit +4% par rapport à 2016 (2e). Et tout cela en se permettant de libérer James Harrison en plein milieu de l’année car il n’était plus utilisé. Alors d’où vient cette amélioration ?

http://www1.pictures.zimbio.com/gi/Vince+Williams+Tennessee+Titans+v+Pittsburgh+p3_SSe-cdcal.jpgNous l’avons déjà évoqué, T.J. Watt (logique) et Vince Williams (belle surprise) ont largement contribué. Mais la principale source de pression, consommée sans modération… pour les Quarterbacks adverses, a été le monstrueux Cameron Heyward : 35 pressions (10e NFL) dont 12 sacks (8e). Et vous savez que, quand on parle de Heyward, Stephon Tuitt n’est jamais très loin derrière, même s’il a été un peu plus discret : 16 pressions dont 3 sacks. Le quatrième larron a été Bud Dupree qui a réussi son meilleur total en carrière… avec 13 pressions dont 6 sacks ; c’est le souci avec lui, il continue d’être frustrant et l’équipe voudrait en voir plus de sa part. Il est assez frappant de constater que Watt, dans sa saison rookie, a déjà réussi à atteindre un total de sacks supérieur à n’importe quel saison de Dupree.

Ajoutez à cela la contribution du surprenant Cornerback Mike Hilton avec 12 pressions dont 4 sacks, celle de Tyson Alualu avec 10 pressions dont 4 sacks ou celle de l’efficace Anthony Chickillo avec 6 pressions dont 3 sacks, et vous avez une belle brochette de joueurs avec une production notable. D’ailleurs, c’est bien la production qui a été différente et non la participation, puisqu’il y a eu autant de sackeurs différents en 2017 qu’en 2016 (15 – 5e) ; c’est juste que la moyenne par sackeur est montée de 2.5 (22e) à 3.7 (6e).

Bon, maintenant que nous avons bien pris le front-7 dans le sens du poil pour l’amélioration du pass-rush, nous allons pouvoir aller dans l’autre sens et attaquer le sujet qui irrite : la défense au sol était partie sur un bon rythme, même s’il y avait une ou deux choses à redire, avant d’exploser en vol suite à la perte de Ryan Shazier.

De la Week 1 à la Week 13, il n’y a que 2 coureurs adverses ont dépassé 100+ yards en 12 matchs (Jordan Howard et Leonard Fournette) ; de la Week 14 au Divisional Round, c’est 3 coureurs en 5 matchs (Alex Collins, Alfred Blue et Fournette de nouveau). Sur la saison, avoir encaissé 105.8 yards par match (10e) semble plutôt bien, mais le playcall adverse ayant été tourné à 59% vers la passe (10e), cela fait monter la moyenne à 4.4 yards par course (27e) ; sans compter les 14 TDs (22e). Les 10 big plays (14e) ne semblent pas beaucoup, mais même raisonnement ; c’est en réalité 2.6% des courses (18e). De manière ironique, c’est l’inverse avec les run stuffs : 52 réussis (21e) soit 13.5% des courses (10e).

Il y a du blâme à distribuer un peu partout pour cet état de fait… sauf le duo Heyward-Tuitt : ils sont toujours de vrais spécialistes avec 13 run stuffs sur 60 plaquages à eux deux, soit un excellent taux groupé de 21.7% ; ils y ajoutent 5 passes déviées, 3 fumbles forcés et 1 fumble récupéré. L’équipe en espérait probablement un peu plus du prometteur sophomore Javon Hargrave qui termine à 2 run stuffs, 2 sacks, 1 passe déviée et 1 fumble forcé. Alualu a été sympathique sans plus lui aussi. Sur les extérieurs, Watt et Dupree ont été plutôt solides avec 12 run stuffs à eux deux. Mais c’est surtout à l’intérieur, une fois Shazier parti, que les gros soucis ont surgi : personne n’a été capable, que ce soit seul ou à plusieurs, d’avoir le même abattage que lui.

Le retour de Sean Spence, le déplacement d’Arthur Moats à l’intérieur, le vendeur de hot-dog, le poissonnier du coin ; rien n’a véritablement marché. Le surprenant Mike Hilton (encore lui !) a eu beau aider avec une étonnante efficacité (64 plaquages dont 6 run stuffs), mais cela n’a pas suffi ; ajoutez un Safety Sean Davis qui, comme Hargrave, n’a pas vraiment réussi à confirmer les belles promesses de 2016 même s’il termine en tête des plaquages de l’équipe avec 92 dont 6 run stuffs, et vous comprenez que l’escouade ne pouvait se permettre de perdre Shazier… et qu’elle se retrouve avec un gros souci sur les bras.

Vous avez peut-être remarqué que nous avons listé les receveurs de Big Ben, mais que nous n’avons rien dit sur les Tight Ends. Vance McDonald a été une addition très intéressante pour l’équipe cette saison, même s’il a mis une demi-saison à s’acclimater ; à l’instar de Bryant, c’est ce qui a aidé Big Ben à faire une bien meilleure deuxième partie d’année. McDonald s’est enfin épanoui, et malgré des stats bien inférieures à Jesse James (14 réceptions pour 188 yards et 1 TD vs. 43 réceptions pour 372 yards et 3 TDs), il a eu un plus grand impact dans le jeu, ne serait-ce que dans la moyenne (13.4 vs 8.7). Il a également été plus important dans le run block.

Le plus gros contrat signé par Pittsburgh est celui du Cornerback Joe Haden, et il a donné satisfaction jusqu’à la blessure du vétéran qui n’a pas aidé l’arrière-garde. Il n’y a donc pas eu de vrai bust, mais cela va nous permettre de parler de la couverture : 59.2% de complétion (8e), 201.1 yards (5e) dont 99.0 après réception (8e), 6.4 yards par passe tentée (16e), 29 TDs (4e), 16 INTs (9e), 81.8 de QB Rating (12e), 56 big plays (8e) dont 16 homeruns (top NFL), 5 matchs d’un receveur adverse à 100+ yards (17e) et 77 passes défendues (8e). Et la question qui tue : est-ce que le meilleur pass-rush de la NFL a une importance dans ces résultats, ou est-ce que l’arrière-garde est quand même talentueuse ?

Il y a quelque chose de tout à fait frappant quand on regarde les passes défendues. Artie Burns mène avec 13 (ce qui semble logique quand on est le Cornerback #1), mais ensuite on trouve Shazier à 11 puis Watt et Sean Davis à 8, Haden à 7 et Hilton (il est partout !) à 6. Sur les quatre premiers, trois ne sont pas des Cornerbacks, ce qui n’est pas bon signe. En effet, le poste de Cornerback a soufflé le chaud et le froid : Haden a été excellent (7 passes défendues et 1 INT) jusqu’à sa blessure. Hilton a vraiment été la découverte dans le slot, et si nous n’avions pas déjà autant de candidats pour le Most Underrated Player, il aurait été dans la discussion.

À l’inverse, Burns, comme Davis ou Hargrave, n’a pas vraiment réussi à confirmer ce qu’on avait vu l’année dernière ; il a notamment été souvent pénalisé (10 fois dont 8 acceptées pour 106 yards), terminant à 13 passes défendues, 1 INT et 2 fumbles récupérés. Puisqu’on en parle, Davis est à 8 passes défendues, 3 INTs et 1 fumble forcé ; à ses côtés, Mike Mitchell n’a pas été une foudre avec 53 plaquages dont un seul run stuff, 2 passes défendues et 1 fumble récupéré. On peut donc dire deux choses : les pertes de Haden et Shazier ont fait du tort à la couverture, et le pass-rush a bien aidé pour obtenir les stats précitées.

La victoire 39-38 contre Baltimore en Week 14. Rien de tel qu’arracher à nouveau le coeur des rivaux haïs dans les dernières secondes pour la deuxième année de suite… même si ce match a déjà montré les failles qui causeront la chute en playoffs.

Les deux défaites contre Jacksonville. 30-9 en Week 3 avec 5 INTs de Big Ben, et deux semaines de préparation pour un match de Divisional Round que les Steelers n’ont jamais mené, à domicile, contre une équipe y retournant pour la première fois depuis 10 ans (et qui, ironiquement, avait déjà gagné à Pittsburgh à cette époque).

Les célébrations de touchdown. Les Steelers semblent avoir été les plus inspirés par les nouvelles règles permettant les célébrations, et J2S2 en a souvent été l’instigateur. Malheureusement, comme souvent cela a été un peu trop loin : elles ont toutes été très sympathiques (le Kamehameha, le cache-cache et la chaîne pour vélo sont des favoris), sauf celle qui moque un incident avec Vontaze Burfict dans lequel il a subi une commotion.

 

Le futur

 

Domicile : Atlanta, Baltimore, Carolina, Cincinnati, Cleveland, Kansas City, LA Chargers, New England.
Extérieur : Baltimore, Cincinnati, Cleveland, Denver, Jacksonville, New Orleans, Oakland, Tampa Bay.
Matchs contre des équipes avec un bilan positif en 2017 : 9.
Matchs contre des équipes qualifiées en playoffs en 2017 : 6.
Bilan cumulé en 2017 : 122-134 (0.477, 25e).

Avec Cleveland, pas étonnant que même le champion de division ait un calendrier « facile », parce qu’il sera quand même corsé. Recevoir Atlanta, Carolina, Kansas City et New England est un plus, mais il faudra quand même se déplacer à Jacksonville ou New Orleans.