NFL Team Honors III : LA Chargers

500-Chargers

Le karma a parfois des façons très étranges de vous rattraper : les Chargers avaient largement le talent pour aller en playoffs, mais un départ à 0-4 et des équipes spéciales atroces les ont condamnés ; une petite victoire en plus aurait suffi, par exemple, en gardant le Kicker Josh Lambo – celui-là même qui les a battus avec Jacksonville en prolongation. C’est un peu la manie de la franchise ces derniers temps, de torpiller ses saisons avec des erreurs au pire moment, et le déménagement à Los Angeles n’a pas changé cela ; néanmoins, il ne faut pas tout occulter car l’équipe a quand même réussi un beau retour après deux saisons dans le purgatoire.

À lire en se rappelant qu’une équipe de foot se constitue de TROIS escouades.

 

LOS ANGELES CHARGERS
2e AFC West ~ 9-7

 

Les prévisions de Madame Soleil 2017

 

Retour aux sources en quelque sorte pour les Chargers qui revenaient à Los Angeles, la ville qui les avait vus naître en 1960 avant un déménagement à San Diego dès 1961. Mais il est clair que ce n’était pas l’environnement idéal avec trois saisons à faire dans un stade de soccer (l’ouverture du futur stade étant repoussée d’un an). Outre la logistique inhérente à un déménagement, il y avait la vérité du terrain : les Bolts étaient loin d’être mauvais, c’était surtout un problème de blessures, d’erreurs mentales et une ligne offensive en difficulté. L’organisation avait d’ailleurs clairement ciblé cette dernière unité, d’où un gros ménage : exit l’ancien premier tour de 2013 Guard D.J. Fluker, le Guard Orlando Franklin ainsi que le Tackle King Dunlap ; bienvenue à l’ex-Bronco Russell Okung à l’opposé de Joe Barksdale, et prime à la jeunesse avec deux rookies Guards : le deuxième tour Forrest Lamp (malheureusement mis sur IR) et le troisième tour Dan Feeney. L’attaque avait vu d’autres changements, avec le départ du couteau suisse Danny Woodhead derrière Melvin Gordon et l’arrivée du premier tour de la draft, le receveur Mike Williams, pour aider Keenan Allen et la découverte Tyrell Williams.

Beaucoup moins de chambardements du côté d’une défense qui, il est vrai, avait montré de belles choses en 2016. Le Cornerback Brandon Flowers, en bout de course, était libéré et le Linebacker Manti Te’o était également parti pour la seule arrivée de l’ex-Panther Safety Tre Boston. Il faut dire que l’équipe avait reconstruit une escouade sympathique avec Brandon Mebane, Melvin Ingram, Joey Bosa, Denzel Perryman, Casey Hayward… mais trois choses devaient être surveillées : le retour du Cornerback Jason Verrett à 100%, le retour du vrai Corey Liuget et le poste d’Inside Linebacker avec la mise sur IR de Perryman.

Les Bolts ont, depuis quelques années, le chic pour perdre et gagner des matchs on ne sait pas trop comment. Il fallait qu’ils gagnent en stabilité dans une division de fous furieux, mais cela semblait compliqué à faire dans une année de transition pour Philip Rivers & Co.

 

La saison

 

  • Week 1 : @Denver, 21-24
  • Week 2 : Miami, 17-19
  • Week 3 : Kansas City, 10-24
  • Week 4 : Philadelphia, 24-26
  • Week 5 : @NY Giants, 27-22
  • Week 6 : @Oakland, 17-16
  • Week 7 : Denver, 21-0
  • Week 8 : @New England, 13-21
  • Week 9 : BYE
  • Week 10 : @Jacksonville, 17-20 (OT)
  • Week 11 : Buffalo, 54-24
  • Week 12 : @Dallas, 28-6
  • Week 13 : Cleveland, 19-10
  • Week 14 : Washington, 30-13
  • Week 15 : @Kansas City, 13-30
  • Week 16 : @NY Jets, 14-7
  • Week 17 : Oakland, 30-10

 

Le bilan

 

  • Global : 9-7.
    • Par demi-saison : 3-5, 6-2.
    • Par quart de saison : 0-4, 3-1, 3-1, 3-1.
    • À domicile : 5-3.
    • À l’extérieur : 4-4.
    • Dans la division : 3-3.
    • Dans la conférence : 6-6.
    • Contre les équipes ayant terminé avec un bilan positif : 2-5.
    • Contre les équipes qualifiées en playoffs : 1-5.
    • En dernier quart-temps (W-L-TT-TL) : 1-2-0-0.
    • Dans les matchs à une possession d’écart : 3-5.
    • En prolongation : 0-1.
  • Calendrier projeté (avec les bilans de 2016) : 145-110-1 (0.568, 3e).
  • Calendrier réel (avec les bilans de 2017) : 117-139 (0.457, 28e).
    • Écart entre les deux : -0.111 (32e).

Les Bolts vont faire une pétition pour supprimer le mois de septembre ; l’année dernière aussi ils avaient mal démarré à 1-3. C’est ici qu’on tempère les espérances : avec le retour sur terre d’Oakland, de Denver et de la NFC East en général, la difficulté du calendrier s’est totalement inversée, passant d’un des plus durs à un des plus faciles. De plus, si le bilan total a pris +4, les bilans contre les équipes terminant en positif (4-7 vs. 2-5) et les équipes qualifiées en playoffs (2-5 vs. 1-5) ont été moins bons qu’en 2016 ; tout porte donc à croire que, si l’équipe a en effet du talent à revendre, elle a quand même loupé des marches contre la compétition relevée. Au moins, elle a corrigé son énorme problème de lâcher les victoires en deuxième mi-temps (7 vs. 2) et/ou quatrième quart-temps (4 vs. 2).

 

La réalité

 

Si les Bolts ont été affligés d’une tare cette saison, la voici : 2.8 points en premier quart-temps (28e), 3 points scorés sur le premier drive offensif (32e) et 3 points scorés dans les deux dernières minutes du match (32e). C’est dommage parce que dans d’autres domaines, l’escouade a été meilleure par rapport à 2016 : +19.8 yards par match à 376.6 (4e), +0.3 yards par action à 5.9 (4e), +5 big plays à 71 (3e) dont 13 homeruns (8e) ; le bond a même été spectaculaire avec le renversement de qualité de la protection ou des pertes de balle avec -20 à 15 (4e) ! Il y a également une bonne stabilité des first downs à 21.1 (5e). Alors, pourquoi trouve-t-on au final une baisse des points (-3.4 à 22.2 – 13e) et des TDs (-5 à 43 – 7e) ? Parce que l’attaque a calé plus souvent qu’en 2016 dans les zones cruciales : -2.3% de 3e tentatives converties à 40.2% (12e), -10 voyages en redzone à 53 (12e) dont -4.8% terminant en TD à 46.8% (28e) et -4.5% de situations en Goal-To-Go terminant en TD à 25.7% (22e). Et si vous ajoutez les problèmes de Kicker pour convertir les occasions de TDs manquées en Field Goals (66.7% de réussite seulement !), ceci explique cela.

Défensivement, tout n’a pas été rose non plus avec une grande disparité entre course et passe, mais pour le résultat total, c’est une franche amélioration : -9.4 points encaissés à 17.0 (3e) avec 17 points totaux sur le premier drive adverse (2e) ou 29 dans les deux dernières minutes des mi-temps (3e), -17 TDs à 29 (2e), -18.7 yards à 328.4 (15e), -2.9 first downs à 17.6 (6e), -10 big plays à 55 (12e) dont 10 homeruns (14e), -33 voyages adverses en redzone à 37 (2e) dont -18.4% terminant en TD à 36.1% (top NFL), -12 drives démarrant dans son propre terrain à 12 (7e), -6.4 actions dans son propre terrain à 26.7 (8e) ; attention quand même au taux de 3e tentatives autorisées (38.9% – 19e). Cette escouade est quasiment injouable à la passe, mais elle a sévèrement besoin d’aide contre la course, ce qui peut expliquer ce souci en 3e tentative ; ce sera un axe de réflexion pendant l’intersaison.

Voici les récompenses de la saison :

2016 n’était pas une aberration, et 2017 a confirmé qu’il faut parfois être patient avec certains joueurs, sinon vous pouvez vous en mordre les doigts ; cela est peut-être aussi une leçon sur le fait qu’un changement d’air peut être salvateur dans une carrière.

http://www1.pictures.zimbio.com/gi/Casey+Hayward+Los+Angeles+Chargers+v+New+York+iy5q9nnMOyel.jpgQuoi qu’il en soit, depuis qu’il a quitté le froid du Wisconsin pour la chaleur de la Californie, le Cornerback Casey Hayward continue de jouer à un niveau All-Pro, ne laissant pas souvent passer quoi que ce soit dans sa direction : il termine 2e NFL avec 22 passes défendues, ayant ajouté 4 INTs, 1 fumble forcé et 2 fumbles récupérés à sa moisson. On ne peut pas dire que ce soit une surprise puisqu’il avait déjà posté des stats similaires l’année dernière avec un pass-rush moins en verve. Les Quarterbacks vont peut-être arrêter de viser dans sa direction, mais leur tâche ne sera pas plus facile car…

… la véritable surprise en couverture, c’est que l’ancien premier tour de 2014 Jason Verrett va peut-être bien devenir la cinquième roue du carrosse. Encore une fois envoyé sur IR, il a non seulement vu l’émergence de Hayward comme un Cornerback de haut vol en 2016, mais ce dernier a reçu en 2017 l’aide d’un duo inattendu : Trevor Williams et Desmond King. Le premier est un sophomore non-drafté, le deuxième un rookie de cinquième tour, et les deux ont fait une saison remarquable si on excepte les classiques petites erreurs ici ou là pour des jeunes joueurs. Williams a pris la place de Verrett et a joué plus de 1000 snaps ; il n’a pas été dépassé outre mesure, terminant avec 56 plaquages, 13 passes défendues et 2 INTs. Le polyvalent King a été aussi actif contre la course (76 plaquages dont 5 run stuffs) que la passe (10 pressions dont 4 sacks, 5 passes défendues et un pick-6).

Par-dessus tout cela, vous pouvez également venir mettre un duo de Safeties solide : Jahleel Addae est partout, terminant en tête de l’équipe avec 96 plaquages (et 66 solo) pour aller avec ses 9 run stuffs et 7 passes défendues ; Tre Boston le suit avec 79 plaquages pour aller avec 8 passes défendues et 5 INTs (5e NFL). Avec tous ces éléments, et bien qu’il y ait encore des choses à améliorer comme 62.8% de complétion adverse (19e – un taux plombé par la couverture sur les Tight Ends), il est plus facile de comprendre les stats générales de la couverture : 197.2 yards (3e) dont 98.1 après réception (7e), 6 yards par passe tentée (4e), 17 TDs (3e), 18 INTs (6e) réparties sur 9 joueurs (5e), 37 big plays (3e) dont 4 homeruns (2e), 78.1 de QB Rating (4e), 46.5% de réceptions donnant un first down (top NFL) et un seul match d’un receveur adverse à 100+ yards (Amari Cooper – il a vraiment fait une saison bizarre).

Quand on hésite pour en départager deux, autant les mettre ensemble, c’est plus simple : la production offensive des Bolts cette saison s’est largement (mais pas exclusivement) appuyée sur le coureur Melvin Gordon et le receveur Keenan Allen.

http://www2.pictures.zimbio.com/gi/Melvin+Gordon+Carl+Nassib+Cleveland+Browns+OtLs5UlwOgAl.jpgLe premier a été un des meilleurs coureurs de la ligue avec 284 courses pour 1105 yards, 8 TDs et 58 first downs ; il a également 58 réceptions pour 476 yards dont 462 après réception et 4 TDs. C’est donc une saison énorme avec 342 touches (4e NFL) soit 43.6% de son équipe (4e), 1581 yards (5e) soit 25.7% de son équipe (5e), 12 TDs (4e) soit 31.6% de son équipe (5e) et 80 first downs (3e)… même s’il est vrai que sa moyenne est juste sous les 4 yards par course (3.9) et qu’il doit faire attention à ses mains en réception (5 drops). À ses côtés, le non-drafté rookie Austin Ekeler a été presque parfait : 47 courses pour 260 yards (5.5 !) et 2 TDs + 27 réceptions pour 279 yards et 3 TDs… mais il a commis ce fumble crucial dans le match contre Jacksonville (2 en tout) ; il a quand même été une belle surprise. Néanmoins, elle n’a pas été suffisante pour remonter un peu les stats : 99.7 yards par match (24e), 3.8 yards par course (26e), 10 TDs (21e) et 2 matchs d’un coureur à 100+ yards (13e) ; nous reviendrons sur la cause principale de cela.

Le jeu aérien n’a pas eu une telle limitation, grâce en premier lieu à celui qui lance la balle. Mais avant de parler de lui, parlons d’Allen qui a été parfois impossible à stopper : 102 réceptions (4e NFL et record d’un Charger sur une saison), 1393 yards (3e), 6 TDs et 74 first downs (top NFL) ; le bonhomme a été présent jusqu’à scorer sur un fumble de Gordon qu’il a récupéré. On sait que le problème d’Allen n’est pas le talent mais les blessures, et il l’a encore prouvé en 2017… il n’a pas été le seul comme nous le verrons plus tard.

Si vous prenez les deux meilleurs pass-rushers des Chargers (quel suspense – de qui s’agit-il ?), vous arrivez à 70 pressions, soit environ 75% du total des Giants (95), et 23 sacks, soit plus que Tampa Bay (22). Le duo Melvin Ingram et Joey Bosa a été totalement monstrueux, même s’il a connu un petit passage à vide au cours de la saison.

Ingram continue de confirmer qu’il a définitivement passé le palier, et il a même été meilleur qu’en 2016 : 18.5 plaquages à perte (6e NFL) dont 8 run stuffs, 34.5 pressions dont 10.5 sacks, 1 fumble forcé et 2 fumbles récupérés dont un strip-6. De son côté, Bosa a totalement explosé après une saison rookie prometteuse mais pourrie par les blessures, même s’il est un peu moins influent contre la course : 16.5 plaquages à perte dont 4 run stuffs, 35.5 pressions (9e) dont 12.5 sacks (7e), 4 fumbles forcés et 1 fumble récupéré.

http://www4.pictures.zimbio.com/gi/Melvin+Ingram+Joey+Bosa+Los+Angeles+Chargers+IlGlF9qVyH5l.jpgLes deux ont causé mille soucis aux Offensive Linemen adverses, que ce soit dans le pass-rush ou contre la course. Mais il est compliqué d’atteindre des totaux comme 129 pressions (16e) dont 43 sacks (5e) sans appui, même derrière un duo pareil : le Defensive End Darius Philon a gagné du temps de jeu, et à forte raison car il a été solide dans tous les compartiments avec notamment 13.5 pressions dont 4.5 sacks. Chris McCain et King dont nous avons déjà parlé ont réussi 10 pressions chacun pour 9 sacks cumulés, une redoutable efficacité. Le pass-rush des Bolts a certes bénéficié de son duo fou et disponible puisque la franchise finit avec seulement 11 sackeurs différents, mais derrière il y a quand même eu du soutien.

Vous savez ce qui peut faire vraiment peur pour les adversaires ? Les Bolts ont eu une grande production aérienne… sans leur premier tour receveur Mike Williams. Le joueur a eu une intersaison tronquée par une hernie et n’a jamais paru confortable quand il est revenu, ce qui n’est pas forcément surprenant ; il faudra attendre 2018 pour le voir vraiment à l’oeuvre. Même constat pour le deuxième tour Guard Forrest Lamp qui est parti sur IR avant même la saison ; le troisième tour Guard Dan Feeney a joué et a eu des difficultés même s’il a semblé s’améliorer au fur et à mesure. Bref, heureusement qu’il y a eu Desmond King et Austin Ekeler pour redresser la barre.

A ce niveau, on ne parle plus de Worst Unit Of The Year, mais de Goat Of The Year. Les équipes spéciales ont coûté trop de matchs dans une saison où les Bolts auraient dû faire mieux ; elles sont en partie responsables de ce départ catastrophique à 0-4. Démarrons par le plus évident : 66.7% de réussite en FGs (32e) et 88.1% en PATs (30e). On peut tirer à boulets rouges sur Younghoe Koo et ses 50% sur FGs, mais au moins il a fait 100% sur PATs. Nick Novak ? 69.2% et 94.4%. Travis Coons ? 87.5% et 83.3%. Nick Rose ? 33.3% et 83.3%. Vous pouvez ajouter 40.3% de kickoffs qui terminent en touchback (31e) et 19 yards de moyenne sur retour de kickoff (30e).

Les punts peut-être ? Certes Drew Kaser n’a pas été mauvais du tout : 48.1 yards bruts par punt (4e), 27 dans les 20 yards adverses (19e), 9 touchbacks (top NFL). Mais la couverture, c’est autre chose : 41.3 yards nets soit une différence de 6.8 yards (29e) et seulement 6 arrêts de volée forcés soit un taux de 8.1% (32e). Les retours de punt ont été le seul secteur ayant un peu marché avec 9.3 yards par retour, mais l’équipe a trop souvent été acculée dans ses 20 yards (49.4% des punts adverses – 31e). Bref, les équipes spéciales n’ont jamais réussi à inverser la position sur le terrain, étant surtout un boulet pour l’attaque puisqu’elle a démarré en moyenne sur ses 26.12 yards (30e). Quand on se rappelle les stats offensives, cela met encore un peu plus en lumière la capacité de cette dernière à avancer et à scorer…

… grâce à son moteur principal, l’attaque aérienne. Elle a mené la ligue avec 276.9 yards par match (dont 126.7 yards après réception – 6e), auxquels on peut associer 61 big plays (3e) dont 12 homeruns (6e), un taux de first down par réception de 60.1% (5e) et la bagatelle de 10 matchs d’un receveur à 100+ yards (2e – seul Pittsburgh a fait mieux).

http://www4.pictures.zimbio.com/gi/Philip+Rivers+Keenan+Allen+San+Diego+Chargers+JCx9Rc3baknl.jpgSans surprise, Keenan Allen en a vampirisé une bonne partie avec 7, mais Tyrell Williams (2) et Travis Benjamin (1) ont également participé. Les deux ont joué le rôle des cibles longue distance : Williams termine à 43 réceptions pour 728 yards (16.9 – top-10 NFL) et 4 TDs, Benjamin à 34 réceptions pour 567 yards (16.7 – top-10 NFL) et 4 TDs aussi ; avec 12 et 10 gains de 20+ yards respectivement, ils ont souvent forcé les défenses à leur courir après, mais ils doivent faire attention avec 3 drops chacun et un fumble pour Williams. Et attendez, il faut rajouter le Tight End Hunter Henry qui aurait pu postuler au Most Underrated Player : le sophomore semble prêt à remplacer le vénérable Antonio Gates (3 TDs) avec une excellente saison à 45 réceptions pour 579 yards et 4 TDs ; il n’a qu’un seul drop, de bons taux de réception à 71.4% ou de first downs à 71.1%, et il n’est pas inefficace au block.

De fait, cela a aidé la saison de Philip Rivers qui doit néanmoins encore avoir des cauchemars dans lesquels il joue contre Kansas City (1 TD et 6 INTs en 2017). Pour le reste, le pistolero a encore dégainé en masse dans une saison de son cru : 575 passes tentées (2e), 360 complétées (4e), 62.6%, 4515 yards (2e) à 7.9 yards par passe tentée (6e), 28 TDs (5e), 10 INTs à 1.7% par passe tentée (9e), aucun fumble perdu, 18 sacks (10e) et 96.0 de QB Rating (11e) ; le seul point noir, c’est d’être également « top-10 » en pénalités avec 13 (2e pire total). Comme l’indique le total de sacks, couplé à la propension de Rivers pour la passe longue et le temps que cela demande à se développer, on peut déduire qu’il a bénéficié d’une protection qui a été plus adéquate que par le passé ; même si elle a eu ses soucis (nous y reviendrons).

Les équipes spéciales ont déjà eu leur dose, ce qui va nous permettre de parler d’une autre unité qui a failli : la défense contre la course. Cela peut sembler surprenant puisqu’elle a été une force de l’équipe l’année dernière, mais en 2017 elle a enregistré un gros crash : +33.2 yards encaissés par match à 131.1 (31e), +1.1 yards par course à 4.9 (32e), +6 big plays à 18 (32e) dont +5 homeruns à 6 (31e) et enfin +7 matchs d’un coureur adverse à 100+ yards à… 7 (32e). Ironiquement, pourtant, elle a drastiquement réduit son nombre de TDs encaissés, passant de 20 à 11, mais c’est la seule chose positive à dire.

Quid ? Voici la liste de ces 7 matchs d’un coureur adverse à 100+ yards : en Weeks 2, 3, 4, 11, 15, 16 et 17 ; i.e. au début et à la fin de la saison. Vous savez qui n’a pas joué dans cette période à cause de blessures ? Denzel Perryman. Il est certain que le Linebacker a un impact sur le comportement de la défense au sol ; elle a besoin qu’il joue bien plus que 273 snaps. C’est un peu surprenant de voir un Korey Toomer ayant encore moins joué (sans être blessé !) vu qu’il a quand même du talent (notamment 3 passes défendues dont un pick-6), mais ce sont Jatavis Brown et Hayes Pullard qui ont le plus évolué ; les performances sont allées de sympathiques sans plus à difficiles : Brown termine avec 79 plaquages dont 3 run stuffs, 1 passe défendue et 1 fumble récupéré, Pullard avec 74 plaquages dont 4 run stuffs, 1 passe défendue, 1 INT et 1 fumble récupéré. On aimerait voir un peu plus d’impact de leur part, et cela serait sans doute aidé par un intérieur de ligne défensive plus jeune.

Corey Liuget a été plutôt présent avec 3.5 plaquages à perte, 2 passes déviées, 1 fumble forcé et même un block, mais c’est Brandon Mebane qui a déçu : le maousse n’a pas eu son impact habituel de plot inamovible au coeur de l’unité. Damion Square n’a pas été transcendant non plus. Tenny Palepoi a été d’une efficacité redoutable avec 5 run stuffs en 24 plaquages mais il n’a pas beaucoup joué. Tout cela a conspiré pour donner ce crash ; et encore, la défense a redressé la tête au milieu de saison sinon les stats auraient pu être encore pire.

Nous avons effleuré le sujet plusieurs fois, il est temps d’y plonger. Les Chargers ont fait peu d’acquisitions en Free Agency mais les deux principales ont été une réussite : Russell Okung et Tre Boston ont apporté de bonnes choses, et c’est de la ligne offensive dont nous allons parler.

Okung a été le meilleur Lineman de l’équipe cette saison… même si, comme toute l’unité, il a été plus efficace en protection qu’au sol. De l’autre côté, Joe Barksdale a été sympathique sans plus. Matt Slauson a fait un intérim intéressant avant de laisser sa place à Lamp l’année prochaine, l’autre rookie Feeney a lutté avec la mise au niveau NFL et les blessures, et le Centre Spencer Pulley a beaucoup lutté pour sa première année comme titulaire ; peut-il faire mieux ?

Tout cela a, comme dit plus haut, plombé le jeu au sol, mais la protection a été bonne : 94 pressions lâchées (5e) dont 18 sacks (top NFL). Néanmoins, si c’est le plus bas taux de sack par action de passe à 3%, c’est aussi le plus bas taux de conversion à 19.2%… ce qui met un petit bémol : la différence entre un QB Hit et un sack, la plupart du temps, c’est un Quarterback qui lâche vite la balle (ou qui sort de la poche – mais connaissant Rivers tablons plutôt sur la première hypothèse). Tout cela pour dire que ces stats basses viennent également d’un lanceur qui a de multiples armes à sa disposition et qui peut les viser rapidement sous pression. Cela met en lumière un peu plus la belle saison du #17.

Nous l’avons dit, les Bolts ont fait une petite intersaison et ont surtout perdu des joueurs plus qu’ils n’en ont fait venir. Et on ne peut pas dire que les joueurs partis ont particulièrement manqué, vu 1) leur qualité intrinsèque et 2) les remplaçants. Donc nous remisons le trophée dans le cagibi où il va prendre la poussière (celui-là, c’est une bonne chose).

La victoire 28-6 à Dallas en Week 12. Certes, à ce moment-là on avait déjà compris que les Boys n’étaient plus ceux de 2016 sans Ezekiel Elliott, mais les Bolts ont dominé leur sujet… tout cela sans leur Kicker blessé. Les voir gagner de manière aussi nette malgré les problèmes d’équipes spéciales pour une fois, c’était rafraîchissant… et un peu frustrant, rappelant de quoi cette équipe est capable avec notamment un duo Rivers-Allen en feu.

Les deux défaites 24-10 et 30-13 contre Kansas City. Entre Rivers qui lance 6 INTs en deux matchs et Kareem Hunt qui enregistre deux matchs à 100+ yards, les joueurs des Chargers vont avoir quelques cauchemars cette intersaison de leurs matchs contre les Chiefs.

La fin de match contre les Jaguars. Ce qui était particulièrement hilarant si vous n’êtes pas un fan des deux équipes, c’est que, ce jour-là, les Bolts ont trouvé un adversaire qui voulait offrir la victoire presque autant qu’eux. Résumé rapide après le two-minute warning : INT, fumble retourné pour un TD, TD annulé, célébration offensive qui fait reculer de 15 yards, INT, 3&out, brutalité défensive qui rapproche le kicker, FG, prolongations, 3&out, INT, nouvelle pénalité défensive qui rapproche le kicker, FG, victoire de Jacksonville. À revoir avec Yakety Sax en fond sonore.

 

Le futur

 

Domicile : Arizona, Baltimore, Cincinnati, Denver, Kansas City, Oakland, San Francisco, Tennessee (UK).
Extérieur : Buffalo, Cleveland, Denver, Kansas City, LA Rams, Oakland, Pittsburgh, Seattle.
Matchs contre des équipes ayant terminé avec un bilan positif en 2017 : 8.
Matchs contre des équipes qualifiées en playoffs en 2017 : 6.
Bilan cumulé en 2017 : 123-133 (0.480, 24e).

Avec les deux West au programme, pas sûr que ce calendrier soit si facile que cela pour les Bolts (surtout s’ils continuent de buter sur Kansas City).