NFL Team Honors III : Carolina

500-Panthers

Une saison dans le plus pur style Panthers, i.e. l’équipe lance une fléchette sur une cible avec 17 cases numérotées de 0 à 16 et atteint le nombre de victoires indiquées ; depuis 10 ans, elle a posté des années à 12, 8, 2, 6, 7, 12, 7, 15, 6 et enfin 11 victoires. Blague à part, elle a semblé plus cohérente que l’année dernière et a été récompensée par un voyage en playoffs, mais on peut quand même s’interroger fortement sur le remplacement de Dave Gettleman par… Marty Hurney, celui-là même qui avait été renvoyé pour avoir mis la franchise dans le rouge. Et c’est sans parler de la vente forcée par le scandale autour de Jerry Richardson.

À lire en préparant la fléchette de 2018.

 

CAROLINA PANTHERS
2e NFC South ~ 11-5 / 0-1

 

Les prévisions de Madame Soleil 2017

 

Si on voulait être un peu ironique, on pouvait résumer la Free Agency de Dave Gettleman assez simplement : il avait dû feuilleter un peu trop souvent le livre de l’histoire de la franchise pour trouver des bonnes idées afin de renflouer une équipe ayant connu une chute historique de niveau entre deux saisons. Du coup, il s’était mis à signer tous les noms qu’il reconnaissait avoir lu dans ce livre : « un Kalil Offensive Lineman ? Attendez, on en a déjà un non ? Si c’est le même, donnons-lui un gros contrat » (non Dave – Matt n’est pas Ryan). « Un autre Charles Johnson dans la ligue ? Si c’est le même, signons-le » (non Dave – c’est l’ex-receveur des Vikings). « Julius Peppers et Captain Munnerlyn ? Des anciens de la maison, signons-les ! » Dans le lot, l’ex-Colt Safety Mike Adams (venu pour remplacer Tre Boston libéré) était le seul nom qui n’était pas présent dans le fameux livre, mais il fallait voir ce que le vétéran de 36 ans pouvait encore réussir. Kalil était arrivé pour remplacer Mike Remmers, mais cela ne justifiait absolument pas un contrat pareil pour un joueur avec une seule bonne saison, alors que Peppers venait finir sa carrière à un poste qui avait vu le départ de la déception Kony Ealy dans un échange avec New England ; cela laissait Charles Johnson (le Defensive End) et Mario Addison comme leaders.

Avec le choix du deuxième tour Taylor Moton, l’équipe avait compris qu’il fallait améliorer le poste de Tackle sur la ligne offensive pour aider, par contre-coup, Cam Newton à se sentir plus en sécurité et ne pas reproduire l’écroulement de la saison 2016. Toujours dans ce sens, l’organisation avait décidé de lui apporter une aide qui semblait parfaite – du moment que Mike Shula et Cam lui-même acceptent de l’utiliser à son plein potentiel : le premier tour coureur/receveur Christian McCaffrey. Il y avait également eu le choix du receveur Curtis Samuel au deuxième tour pour renflouer le poste derrière Kelvin Benjamin et Devin Funchess, avec toujours le précieux Greg Olsen en Tight End. Enfin, le troisième tour Defensive End Daeshon Hall était venu pour la profondeur dans un front-7 plutôt stable autour de Kawann Short, Luke Kuechly et Thomas Davis.

Alors, surrégime en 2015 ou sous-régime en 2016 ? La réponse était probablement quelque part au milieu, mais on avait vu l’importance de la santé de la ligne offensive et les difficultés de Newton à devenir davantage un passeur de poche pour éviter les chocs. Ce sont encore ces deux points qui allaient dicter le destin de Cats qui devaient lutter avec des Falcons sur leur nuage et des Buccaneers sur la pente ascendante.

 

La saison

 

  • Week 1 : @San Francisco, 23-3
  • Week 2 : Buffalo, 9-3
  • Week 3 : New Orleans, 13-34
  • Week 4 : @New England, 33-30
  • Week 5 : @Detroit, 27-24
  • Week 6 : Philadelphia, 23-28
  • Week 7 : @Chicago, 3-17
  • Week 8 : @Tampa Bay, 17-3
  • Week 9 : Atlanta, 20-17
  • Week 10 : Miami, 45-21
  • Week 11 : BYE
  • Week 12 : @NY Jets, 35-27
  • Week 13 : @New Orleans, 21-31
  • Week 14 : Minnesota, 31-24
  • Week 15 : Green Bay, 31-24
  • Week 16 : Tampa Bay, 22-19
  • Week 17 : @Atlanta, 10-22

 

Le bilan

 

  • Global : 11-5.
    • Par demi-saison : 5-3, 6-2.
    • Par quart de saison : 3-1, 2-2, 3-1, 3-1.
    • À domicile : 6-2.
    • À l’extérieur : 5-3.
    • Dans la division : 3-3.
    • Dans la conférence : 7-5.
    • Contre les équipes ayant terminé avec un bilan positif : 5-4.
    • Contre les équipes qualifiées en playoffs : 4-4.
    • En dernier quart-temps (W-L-TT-TL) : 1-0-0-0.
    • Dans les matchs à une possession d’écart : 8-1.
    • En prolongation : 0-0.
  • Calendrier projeté (avec les bilans de 2016) : 128-126-2 (0.504, 16e).
  • Calendrier réel (avec les bilans de 2017) : 138-118 (0.539, 5e).
    • Écart entre les deux : 0.035 (10e).

Non seulement l’équipe a un meilleur bilan, mais en plus contre un calendrier plus difficile que prévu avec la NFC South et Philly au programme. Tout a été amélioré : +5 victoires en tout, +2 à domicile, +3 à l’extérieur, +2 dans la division, +2 dans la conférence, mais les bonds les plus spectaculaires ont été contre les équipes ayant terminé en positif (1-8 vs. 5-4), les équipes qualifiées en playoffs (0-5 vs. 4-4) et le summum, le retournement total du bilan dans les matchs à une possession (2-6 vs. 8-1) ; il va sans dire que cette dernière marque est la meilleure de la ligue à 0.889. Et pourtant, avec un tel bilan dans les matchs serrés, Carolina a été une équipe très ennuyeuse en dernière période avec tout juste une victoire arrachée à Tampa Bay, sinon pour le reste les résultats étaient pliés dès le troisième quart-temps… ce qui s’est vu en playoffs.

 

Les playoffs

 

  • Wild Card : @New Orleans, 26-31

 

La réalité

 

Alors, d’où vient ce sursaut des Panthers en 2017 ? Un peu en attaque, mais surtout en défense. Du côté offensif, cela n’a pas forcément été beaucoup mieux qu’en 2016 : -0.4 points marqués à 22.7 (12e), même total de TDs à 40 (14e), -20.0 yards à 323.7 (19e), -0.2 yard par action à 5.0 (19e), +0.1 first down à 20.0 (12e), -3 big plays à 56 (21e) dont autant de homeruns à 10 (16e) ou -1 voyage en redzone à 53 (12e). Il y a quand même eu des points de divergence : dans le positif, +29 points marqués dans les deux dernières minutes des mi-temps à 75 (6e) et +4.7% de 3e tentatives converties à 41.9% (7e), ce qui a aidé à augmenter le temps de possession de +1:27 à 32:17 (3e) ; dans le négatif, -5.3% de voyages en redzone terminant en TD à 53.8% (17e) et +9.3% de drives terminant en 3&out à 26.3% (24e), ce qui contraste avec les 3e tentatives et le temps de possession. Dernière chose positive, l’équipe a été la moins pénalisée de la ligue à 5.2 par match pour 42.6 yards.

À l’inverse, la défense a connu une amélioration notable : -4.7 points encaissés à 20.4 (11e) avec notamment AUCUN point encaissé dans les deux dernières minutes des matchs, -9 TDs à 34 (8e), -42.7 yards à 317.1 (7e), -2.9 first downs à 17.6 (6e), -4 homeruns à 10 (14e), -10 voyages adverses en redzone à 48 (9e) ; il y a également le taux de 3e tentatives autorisées équivalent à 37.9% (13e). Petits points négatifs : elle encaisse toujours un peu trop de big plays à 59 (17e), elle a plus souvent cédé en redzone avec 47.7% de TDs (8e), et elle s’est trop souvent mise la pression sur 2e et 3e tentatives avec respectivement 7.7 yards et 6.7 yards jusqu’au first down adverse (pires totaux de la ligue) ; cela peut expliquer la chute du taux de drive adverse terminant en 3&out à 23% (20e). Il y a des réglages à faire, mais elle a encore été l’unité dominante cette année… enfin, si on ne parle pas des équipes spéciales qui ont fait un bond spectaculaire.

Voici les récompenses de la saison :

Avec la blessure d’un certain Tight End, nous allons devoir retomber dans les bonnes vieilles habitudes. Le Linebacker Luke Kuechly a encore fait une saison dont il a le secret : 125 plaquages dont 10 run stuffs, 6.5 pressions dont 1.5 sack, 5 passes défendues, 3 INTs, 1 fumble forcé et 2 fumbles récupérés dont un strip-6.

http://www4.pictures.zimbio.com/gi/Luke+Kuechly+Green+Bay+Packers+v+Carolina+yBL_HWOGHOdl.jpgIl paraît qu’un jour, il a commis une erreur, mais personne n’en a jamais eu la preuve et cela est mis sur le compte d’une légende urbaine. Si nous passions à des sections moins jouées d’avance ?

Puisque nous parlons de récompenses inattendues, voilà un joueur qui n’a pas forcément rassuré quand il a dû évoluer tout juste après avoir drafté au quatrième tour de 2015. Cependant, c’était surtout pour pallier les blessures, et il a pu prendre le temps de progresser. Le résultat est là en 2017, et il a été remarquable : le Right Tackle Daryl Williams est venu occuper ce poste si décrié depuis quelques temps à Carolina ; il s’en est sorti avec solidité et constance.

Il n’est pas le plus agile des Tackles, mais sa technique est excellente et lui permet d’être utile, que ce soit en protection ou pour ouvrir les brèches au sol. Voilà comment on peut renforcer sa ligne offensive sans dépenser des hauts choix de draft ou des sommes folles en Free Agency (surtout pour voir le résultat parfois – vous sentez venir le vent du boulet ? C’est normal, il arrive).

Non, bien sûr, il n’est nul question de traiter le Left Guard Andrew Norwell de boulet, puisque c’est bien lui qui reçoit la récompense d’Offensive Player Of The Year. Norwell continue de prouver que lui aussi a été un trait de génie de Dave Gettleman puisqu’il était non-drafté ; il poursuit sa carrière talentueuse sans jamais faiblir, ni même se blesser (pas un seul match de raté).

http://www4.pictures.zimbio.com/gi/Andrew+Norwell+Carolina+Panthers+v+New+York+avWwTOUquB-l.jpgC’est surtout ce contrat improbable de Matt Kalil qui est incriminé. En fait, on peut même dire que la réunion des frangins Kalil s’est mal passée pour les deux ; il n’est pas si surprenant que le grand frère Ryan prévoit sa retraite prochaine car le Centre a été blessé, et quand il était sur le terrain il était loin de son efficacité habituelle. Il s’est même fait un peu voler la vedette par son remplaçant, Tyler Larsen : le sophomore progresse au fur et à mesure, et il a un impact supérieur dans le jeu au sol.

Mais revenons sur Matt, qui a été exactement le même qu’à Minnesota : plus un problème qu’une solution. S’il est vrai qu’il n’est jamais facile de protéger un zébulon comme le Quarterback de Carolina, il continue d’avoir les même problèmes athlétiques face aux pass-rushers les plus rapides. Si vous rajoutez par-dessus cela un Trai Turner qui n’a pas été mauvais mais dont une blessure a semblé retirer un peu du talent, et un Amini Silatolu qui n’a plus le niveau en remplacement, vous obtenez une ligne offensive qui a été un peu bancale sans être atroce : 56 run stuffs adverses (18e), 108 pressions lâchées (10e) dont 35 sacks (13e) soit un très mauvais taux de conversion de 32.4% (29e).

Il aurait pu partager le titre de Most Valuable Player, mais dans ce cas il nous aurait fallu trouver quelqu’un d’autre pour le titre de meilleur défenseur. Le Defensive Tackle Kawann Short continue d’être une force terrifiante au coeur de la ligne défensive et a justifié son nouveau contrat, étant encore meilleur contre la course et toujours redoutable dans le pass-rush : 49 plaquages dont 5 run stuffs, 23.5 pressions dont 7.5 sacks, 1 passe déviée, 2 fumbles forcés, 1 fumble récupéré et il a même fait son show sur équipes spéciales avec un Field Goal bloqué.

http://www2.pictures.zimbio.com/gi/Kawann+Short+Minnesota+Vikings+v+Carolina+jWqUeklt9jxl.jpgIl fait partie d’une ligne défensive qui a été solide dans l’ensemble, que ce soit contre la course ou dans le pass-rush. Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu un four : si les Panthers, en signant le Charles Johnson receveur, se sont trompés et l’ont aligné à la place du Charles Johnson Defensive End, cela expliquerait la saison fantomatique de ce dernier ; AUCUN sack en 11 matchs joués, un impact minimal et une suspension pour finir. Fort heureusement, sa disparition a été rattrapée par l’immortel Julius Peppers, et ce même si on sait que le vétéran doit limiter son nombre de snaps sinon il perd de son efficacité (cela a été visible à la fin de la saison) ; le #90 reste un phénomène : 3 run stuffs, 28 pressions dont 11 sacks (top team), 2 fumbles forcés et 2 fumbles récupérés. Poivres forever.

De l’autre côté, Mario Addison a été récompensé de ses bonnes performances par un poste de titulaire et il a capitalisé, progressant contre la course et étant toujours solide dans le pass-rush : 44 plaquages dont 4 run stuffs, 28 pressions dont 11 sacks (comme Poivres), 1 passe déviée et 2 fumbles forcés. Derrière eux, Wes Horton passe son temps à être libéré puis resigné, mais il a récompensé la fidélité des coachs avec une année à 14.5 pressions dont 5.5 sacks. À l’intérieur, Star Lotulelei a fait une saison sympathique mais on en attend toujours plus de sa part : 4 run stuffs, 6.5 pressions dont 1.5 sack, 1 passe déviée et 1 fumble récupéré. Le sophomore Vernon Butler pousse pour le remplacer avec une belle activité au sol (il doit encore bosser le pass-rush car il est un peu unidimensionnel). Un groupe qui a été efficace, comme nous le verrons un peu plus loin.

La sélection est plutôt rapide à faire car un seul rookie a vraiment joué, s’il n’a pas été efficace nous pouvons remballer la récompenser dans son étui. Mais nous n’avons pas à le faire : le premier tour coureur Christian McCaffrey a eu du mal à démarrer la saison (un peu comme toute l’attaque), mais il a pris ses marques au fur et à mesure pour devenir cette arme multiple dangereuse que les défenses devront surveiller à l’avenir.

Il a réussi l’exploit de finir en tête de l’équipe en réceptions et en yards cumulés, ce qui en dit long sur le corps des receveurs ; il a d’ailleurs été plus incisif dans le jeu aérien que dans le jeu au sol, ce qui est aussi un produit de la ligne offensive. Il totalise 117 courses pour 435 yards (3.7) et 2 TDs + 80 réceptions pour 651 yards dont 576 après réception (4e NFL) et 5 TDs ; il a également un fumble perdu.

http://www3.pictures.zimbio.com/gi/Marcus+Maye+Christian+McCaffrey+Carolina+Panthers+fXcWZBKf3vql.jpgÀ première vue, il semble que le jeu au sol a été une force inarrêtable cette saison : 131.4 yards (4e), 4.3 yards par course (10e), 15 TDs (7e), 10 big plays (14e) dont 5 homeruns (top NFL), surtout quand on prend en compte que le playcall est toujours déséquilibré dans ce sens avec 47.8% de courses appelées (4e)… mais au final, il n’y a que 2 matchs d’un coureur à 100+ yards (13e). De plus, le meilleur coureur n’est autre que Cam Newton avec 139 courses pour 754 yards (5.4) et 6 TDs ; c’est le seul à avoir dépassé 4 yards par course et le seul avec au moins 2 gains de 20+ yards, ce qui veut bien dire que dans les schémas classiques de course, à l’image des stats de CMC, le jeu au sol n’a pas été suffisamment efficace.

Jonathan Stewart a réussi les 2 matchs à 100+ yards susdits, mais il termine à 198 courses pour 680 yards (3.4), 6 TDs et surtout il a perdu 3 fumbles. Cameron Artis-Payne est à 5.3 de moyenne sur 18 courses et mériterait peut-être un peu plus de temps de jeu. Avec l’ajout de CMC, Fozzy Whittaker a disparu. Bref, c’est surtout un secteur qui fonctionne grâce à Cam…

C’est en général une mauvaise nouvelle quand votre propriétaire Jerry Richardson est dans cette catégorie. Non seulement il est forcé de vendre la franchise, englué dans un scandale de harcèlement, mais en plus il a viré Dave Gettleman, celui qui avait nettoyé les comptes de l’équipe, pour remettre celui qui l’avait plongée dans le rouge au départ, Marty Hurney. C’est l’équivalent d’avoir installé des pièges à loup partout autour de la bergerie après plusieurs massacres de troupeaux, puis finir par les retirer en mettant un marquage au sol histoire que les canidés ne se perdent pas en route.

Dans l’ensemble, s’il est possible de trouver des failles, le front-7 a été une force de l’équipe plutôt qu’un problème. Nous avons déjà parlé de ses meilleurs éléments, Kuechly et Short, mais les fidèles lieutenants ont été nombreux pour les aider à monter une excellente défense au sol et un pass-rush redoutable.

La défense n’a encaissé que 88.1 yards à la course (3e) à 4 yards de moyenne (11e), 7 TDs (3e), 10 big plays (14e) dont 2 homeruns (16e) et aucun match d’un coureur adverse à 100+ yards (top NFL) avec 15.3% des courses finissant en run stuffs (4e). Elle a également réussi 157 pressions (3e) dont 50 sacks (3e) avec des taux par passe tentée tout aussi excellents (28.5% – 4e et 8.3% – 3e), mais moins d’armes : l’année dernière, Carolina avait 18 joueurs différents sur la liste des sackeurs (top NFL), cette année elle n’en a eu que 12 soit une moyenne de 4.2 par joueur (top NFL).

Chez les Linebackers, à l’instar de Ryan Kalil, Thomas Davis a indiqué que 2018 pourrait bien être sa dernière saison, et cela commence légèrement à se voir : il a perdu ici et là de son explosivité, bien qu’il reste un excellent Linebacker, défenseur contre la course et également en couverture. Il totalise 76 plaquages dont 3 run stuffs, 9.5 pressions dont 2.5 sacks et 1 fumble récupéré. Shaq Thompson joue probablement moins qu’il ne le devrait car il n’est pas aussi à l’aise que Davis en couverture, mais il est prêt à le remplacer avec 61 plaquages dont 8 run stuffs, 8 pressions dont 2 sacks, 1 passe défendue et 2 fumbles forcés. Comme toujours, le trio au poste a été une vraie force, et avec une ligne défensive qui a su être un bon premier rempart, il n’est pas surprenant de voir les stats précitées.

Avant de passer à la suite, il faut rebondir sur l’introduction et faire mention des équipes spéciales : le Kicker Graham Gano poste le meilleur taux de Field Goals à 96.7% (29/30) et de touchback sur kickoff (85.4%) même si on aurait voulu le voir meilleur sur les PATs (34/37). Le Punter Matt Palardy a été solide avec 46.0 yards bruts (12e) et la couverture très bonne avec 42.4 yards nets (5e). Damiere Byrd a été électrique sur retour de kickoff avec 32.7 yards de moyenne et 1 TD ; il faudra travailler un peu les retours de punt.

59.1% de complétion, 3302 yards, 22 TDs, 16 INTs, 35 sacks et 80.7 de QB Rating. D’aucuns diraient que malgré ces stats, Cam mériterait d’être nommé Offensive Player Of The Year avec le « talent » qu’il avait autour de lui à la réception, ainsi que les différents événements qui ont émaillé la saison. Ce n’est pas complètement faux : il y a eu la blessure de Greg Olsen, ou l’échange d’un Kelvin Benjamin qui n’a jamais vraiment paru trouver sa place ; la question étant de savoir si Cam a vraiment besoin d’un « X receiver » (comprenez un receveur principal au grand gabarit à la Houlio, Dédédé, Dez, Megatron etc).

Mais il est difficile de ne pas dire que le jeu aérien a été insuffisant, même s’il a vu 5 matchs d’un receveur à 100+ yards (10e)… par 5 cibles différentes. 6.1 yards par passe tentée (21e) est faible, comme 46 big plays (19e) dont seulement 5 homeruns (25e). Cam continue d’être un Quarterback à la fois excitant et frustrant : capable de réussir de belles choses, mais sans réussir à garder le même niveau. On pensait que l’arrivée de Benjamin lui offrirait ce receveur pour passer un cap, mais il a été MVP et les Cats sont allés au Super Bowl l’année où Kelvin a raté la majorité de la saison. Et jusqu’à preuve du contraire, la saison 2015 reste une exception et non la norme.

http://www4.pictures.zimbio.com/gi/Cam+Newton+Carolina+Panthers+v+Detroit+Lions+3C5WmyeatEml.jpgEncore une fois, quand on regarde avec quoi il a dû composer en 2017, il est difficile d’attendre des miracles. C’est Devin Funchess qui a récupéré le rôle de cible principale après le départ de Benjamin (32 réceptions pour 475 yards et 2 TDs), et il a fait de son mieux : 113 ciblages (comme CMC), 63 réceptions, 840 yards et 8 TDs avec 15 gains de 20+ yards. Avec un Greg Olsen limité par les blessures (17 réceptions pour 191 yards et 1 TD), il a fallu qu’Ed Dickson fasse le bouche-trou : 30 réceptions pour 437 yards (14.6 de moyenne – presque autant que Benjamin !) et 1 TD dont un match à 100+ yards. Autant dire que c’était plutôt inattendu de sa part, surtout quand on voit que ledit match à 100+ yards a été la meilleure performance d’un Panther en réception : 175 yards contre Detroit !

La déception est venue de Russell Shepard qui n’a pas percé dans le slot alors qu’il aurait dû profiter des absences : 17 réceptions pour 202 yards et 1 TD seulement. Byrd a été un catalyseur à petites doses avec 2 TDs (en plus de son TD sur retour de kickoff), et sa blessure a été de trop à la fin de la saison. Autre point positif, peu de drops (16 – 8e).

La signature de Julius Peppers a été intelligente, mais elle n’a pas été la seule. Les adversaires ont fait leur choix en 2017 : avec un playcall de 63% vers la passe (2e), ils ont décidé qu’ils préféraient tenter leur chance par les airs plutôt que par le sol. Il y a une bonne raison à cela : l’expérimentation tentée l’année dernière en couverture a été bien moins réussie qu’en 2016, malgré le pass-rush déjà mentionné. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir ajouté du talent : le Safety Mike Adams continue d’être un patrouilleur redoutable avec 10 passes défendues, 2 INTs, 2 fumbles forcés et 2 fumbles récupérés. Mais c’est à côté de lui qu’on commence à distinguer les failles.

À commencer par le fait qu’en plus d’être le meilleur joueur de l’équipe… Kuechly est son meilleur intercepteur (3). En effet, la couverture contre les coureurs ou Tight Ends a été plutôt adéquate, ce qui n’est pas surprenant puisqu’elle est assurée par… les Linebackers et les Safeties (Adams). Dès qu’on s’éloigne un peu de là, le résultat n’a pas été aussi reluisant, ce qui donne les stats suivantes : 63.8% de complétion (21e), 229.1 yards (18e) dont 109.2 après réception (21e), 6.7 yards par passe tentée (19e), 25 TDs (22e), 16 INTs (25e), 92.9 de QB Rating (23e), 53 passes défendues (31e) soit 9.6% des passes tentées (31e), 49 big plays (18e) dont 8 homeruns (13e) et 5 matchs d’un receveur adverse à 100+ yards (17e). Il est possible de trouver pire, mais dans des équipes où le pass-rush a ronflé toute la saison.

James Bradberry n’a pas réussi à rebondir sur son excellente saison rookie malgré 85 plaquages, 10 passes défendues, 2 INTs et 1 fumble forcé ; il a été plus souvent battu. Daryl Worley a posté les mêmes stats (avec moins de plaquages et sans le fumble forcé), exhibant la même régression. Le retour de Captain Munnerlyn n’a pas été probant. Kurt Coleman, lui aussi, a totalement manqué d’efficacité (2 run stuffs et 3 passes défendues), bien loin de sa production d’il y a deux ans. Il n’y a pas eu de gros trous en couverture, mais elle a trop régulièrement laissé les attaquants adverses avancer.

5 ans, 55.5M$. Déjà au moment de la signature c’était incompréhensible, la saison 2017 n’a fait que le confirmer. C’est à croire que Gettleman connaissait le futur et avait déjà commencé à être remplacé par Hurney ; ce contrat pour Matt Kalil était typique de l’ancien (nouveau) General Manager.

La victoire 31-24 contre Minnesota en Week 14. Certains voudraient probablement mettre celle contre New England en Week 4, mais celle-ci, avec les espoirs de playoffs dans la balance, fragilisés par la défaite à New Orleans juste avant, est plus importante ; elle est dans la conférence. L’équipe a montré de la solidité des deux côtés contre le futur finaliste NFC avec un Stewart retrouvé ; de plus, ce match a démarré une série de trois victoires.

La défaite 17-3 à Chicago en Week 7. Il faut le vouloir pour perdre quand votre adversaire termine à 4 passes complétées, 5 first downs, 153 yards et 21:25 de temps de possession. Offrir deux TDs à la défense adverse a tendance à faire ce genre de choses quand votre attaque perd la seule chose qui marche à peu près : les jambes de son QB.

BUTT TOUCHDOWN ! Damiere Byrd n’a marqué que 2 TDs cette saison, mais un des deux a été assez mémorable en laissant traîner la fesse dans l’en-but contre Green Bay en Week 15. Un match qui a eu son lot de moments assez folkloriques puisqu’on a aussi entendu Cam et Clay Matthews jouer à qui était le plus malin (Cam l’a emporté avec une passe de TD pour CMC).

 

Le futur

 

Domicile : Atlanta, Baltimore, Cincinnati, Dallas, New Orleans, NY Giants, Seattle, Tampa Bay.
Extérieur : Atlanta, Cleveland, Detroit, New Orleans, Philadelphia, Pittsburgh, Tampa Bay, Washington.
Matchs contre des équipes ayant terminé avec un bilan positif en 2017 : 10.
Matchs contre des équipes qualifiées en playoffs en 2017 : 6.
Bilan cumulé en 2017 : 131-125 (0.512, 12e).

Oh hello Cleveland, encore à tirer vers le bas un calendrier qui devrait être démentiel. Ne vous leurrez pas, il va être infernal avec 10 équipes ayant terminé en positif et 6 qualifiés en playoffs.