The 5000 Yards Review : Saint-Louis

Nous terminons cette série des 5000 Yards Review avec la dernière équipe de la NFC WTFest et de la NFL par la même occasion, les Rams de Saint-Louis.
A lire en essayant de ne pas terminer avec une blessure grave.

SAINT-LOUIS RAMS
4e NFC WTFest ~ 2-14
Une défaillance interne… ou circonstancielle ?

Les prévisions de Madame Soleil 2011

Continuer sur la bonne lancée de 2010. Après une saison encourageante à 7-9, Steve Spagnuolo désirait monter la prochaine marche, tout en sachant qu’ils avaient aussi profité d’une division… d’une division… de la NFC WTFest. Sinon, du côté news excitante… Brandon Lloyd ! Mike Sims-Walker ! Donnie Avery ! Austin Pettis ! Autant dire que les armes offensives de Sam Bradford étaient un peu douteuses (mis à part Lloyd à la rigueur), et que l’attaque allait sûrement encore être le Steven Jackson show (pour peu qu’il ne se blesse pas). La défense avait vu l’arrivée du rookie Robert Quinn et de Quintin Mikell mais elle restait un point d’interrogation par rapport à sa performance de l’année dernière.

La saison

Philadelphia 13-31, @Giants 16-28, Baltimore 7-37, Washington 10-17, @Green Bay 3-24, @Dallas 7-34, New Orleans 31-21, @Arizona 13-19 (OT), @Cleveland 13-12, Seattle 7-24, Arizona 20-23, @San Francisco 0-26, @Seattle 13-30, Cincinnati 13-20, @Pittsburgh 0-27, San Francisco 27-34.

La réalité

La carte spéciale Rams
Il y a un an, les Rams bataillaient pour la “tête” de la division (oui je sais, à 7-9). Cette année… c’est la dégringolade complète, avec le second pire record de la NFL (et encore ils sont à égalité avec les Colts mais devant parce qu’ils ont un strength of schedule un peu supérieur). Alors, est-ce que les Rams sont retombés dans leur travers, ou est-ce qu’on peut leur trouver des circonstances atténuantes (sans pour autant aller dire qu’ils sont une équipe à 10-6 qui a manqué de chance) ? Probablement un peu des deux, étant donné que les Rams n’ont vraiment pas été épargnés par les blessures.
Par exemple, Sam Bradford n’a joué que 10 matchs. On attendait de voir s’il allait confirmer une bonne première saison, mais il n’a pas vraiment pu se lâcher à cause de ses pépins physiques… et des les receveurs qu’il a. Il a été remplacé par A.J. Feely qui n’a pas fait beaucoup mieux, avant d’être lui-même remplacé par Kellen Clemens pour les trois derniers matchs, lequel… hum… n’a pas fait mieux non plus. Rajoutez 2 passes pour Tom Brandstater et 1 pour Brandon Lloyd et Jerious Norwood et vous avez six QB dans les stats à St.Louis. Faut croire que quand Bradford n’est pas là on tente tout ce qu’on peut pour marquer chez les Rams, et le pire c’est que ça ne réussit pas plus (vu que Brandstater, Lloyd et Norwood sont à 0/4). Déprimant, et dommage pour un Bradford qui mérite mieux. Il termine à 53.5%, 2164 yards, 6 TD et 6 INT en 10 matchs.
“Get off me !” says Steven Jackson
Pour continuer sur les blessures, l’OL aussi a été minée par les blessures (3 joueurs en IR dont les deux tackles Jason Smith et Roger Saffold) et elle a encaissé le plus grand nombre de sacks cette année avec 55. Elle a également eu beaucoup de mal à performer en jeu de course, ce qui visiblement n’a pas affecté Steven Jackson plus que cela. La bête a encore fait une saison remarquable, et ça fait la troisième saison consécutive qu’il ne rate presque aucun match, ce qui est notable étant donné sa tendance à se blesser dans sa carrière. Il a donc porté la charge comme d’habitude, culminant à 260 portés, 1145 yards et 5 TD. Il a également été omniprésent dans le jeu de passe avec 42 catchs pour 333 yards et 1 TD. Cadillac Williams a ajouté une petite production de 87 portés pour 361 yards et 1 TD, faisant des Rams une attaque au sol toujours dangereuse et qu’il faut surveiller.
Tant mieux, sinon les défenses adverses pourraient roupiller à surveiller les receveurs. Si l’attaque des Rams est 30e en yards et 32e en points, c’est principalement à cause du manque d’envergure du jeu de passe. Evidemment, un Bradford blessé et une OL en IR ça n’aide pas, mais il y a une raison pour laquelle j’ai insisté sur ce point dans l’introduction : à part Brandon Lloyd (51 catchs, 683 yards, 5 TD), c’est rideau. Mike Sims-Walker a fait trois petits tours et il est vite reparti à Jacksonville au bout d’un mois (wtf), le rookie Greg Salas et le TE Michael Hoomanawanui ont eux aussi fini en IR, et on a fait le tour. Lloyd et Jackson, ce sont 12 TD à eux deux, soit 75% DES TDS DE LEUR EQUIPE. Blargh, on passe à la suite.
Alors la défense, est-ce qu’on a des choses un peu plus reluisantes ? Pas forcément vu que les Rams se sont pris pour les Giants cette année : ils ont eu une hécatombe monumentale chez leurs DB. Bradley Fletcher, Al Harris, Ron Bartell, Jerome Murphy, Brian Jackson et Marquis Johnson ont fini sur IR, ce qui fait que dans les derniers matchs les Rams alignaient le cousin de Spagnuolo, le concierge de l’immeuble d’en face, le vendeur de hot-dog et un sosie de Kurt Warner (que voulez-vous, c’est un vrai héros dans cette ville). Du coup vous allez vous attendre à des chiffres assommants hein ? Eh bien non. Les Rams ont la 22e défense en yards, et la 26e en points. C’est pas terrible, mais ce n’est pas la bérézina non plus. Mais que voulez-vous, quand vous avez la pire attaque de la ligue, pas besoin d’encaisser beaucoup de points pour perdre.
Chris Long

Quoique, attendez, je rajoute un bémol : la défense au sol est quand même 31e. Quand on regarde de plus près, on voit de suite que ce n’est pas forcément la faute de la DL : elle est capable d’arrêter les coureurs adverses quand il s’agit de faire un stop sur 3e ou 4e tentative courte, et en plus elle a un bon pass rush avec Chris Long et le rookie Robert Quinn qui ont réussi 13 et 5 sacks (James Hall en rajoute 6 pour un total de 39). Mais ça se gâte quand on passe aux niveaux suivants : malgré le gros boulot de James Laurinaitis avec 142 plaquages, 3 sacks et 2 INT, ce n’est pas assez suffisant à côté de lui, il manque un OLB décisif pour boucher les trous.

La défense contre la passe elle se retrouve 7e en yards concédés, mais ça n’a rien de surprenant : quand vous mangez 152 yards à la course par match, pas besoin de lancer contre vous pour avancer. Et ce n’est pas plus mal parce que je ne veux même pas savoir ce qu’il aurait pu se passer avec une défense contre la course potable qui force les adversaires à lancer des passes couvertes par le vendeur de hot-dog. Je rajouterais tout de même une déception : on attendait sans doute un peu plus de Quintin Mikell pour sa première saison chez les Rams, mais étant donné le marasme ambient en défense, on peut attendre l’année prochaine avant de juger. Même si le changement de staff ne va pas aider à son intégration.
La carte de Yardage Van Brocklin
Et pendant que vous admirez Norm Van Brocklin, QB recordman des yards à la passe sur un match avec les Rams (554 yards en 1951), je terminerais par quelques réflexions qui font encore pencher la balance vers les circonstances atténuantes : Bradford va voir son troisième OC en trois ans, ce qui n’est pas une bonne idée pour la stabilité de l’attaque tout entière. Il faudrait lui laisser le temps de se développer aussi, parce qu’il PEUT faire de bonnes choses. Ensuite, la différence de difficulté du calendrier entre 2010 et 2011 est effarante : les Rams ont affronté des adversaires avec un record cumulé de 119-137 en 2010, et 151-105 en 2011. 151-105 ! Ils se sont pris dans la tronche le réveil de San Francisco, les Compagnons de l’Improbable qui ont été dans la course aux playoffs jusqu’au bout, toute l’AFC North… et le pire c’est qu’en finissant 2e de leur poule du coup ils se sont pris Green Bay et New Orleans en travers de la cafetière. Félicitations au passage pour avoir battu NO, celle-là on ne s’y attendait vraiment pas. Quoi qu’il en soit, ils sont pratiquement passés du calendrier le plus facile au pire calendrier en une saison.
Un Ram nommé Fisher
Avec la venue de Jeff Fisher les Rams ont gagné un coach sérieux, no-nonsense comme disent les anglais, et qui peut redresser la franchise vers des jours meilleurs, notamment sur le plan défensif.
Mais il ne devra pas éviter le fait que les Rams ont besoin d’un Bradford sur ses deux jambes et de cibles viables en réception.

Le futur

*San Francisco, *Arizona, *Seattle, Green Bay, Minnesota, Washington, New England, Jets, @Chicago, @Detroit, @Tampa Bay, @Buffalo, @Miami
Yech. Blerk. Zorglub. Les Rams se cognent encore un calendrier qui ne va être piqué des hannetons. Y’a du boulot maintenant que la division est devenue plus forte, et avec l’AFC East et la NFC North qui se profilent, il va probablement encore y avoir de la casse.