Panthers at Lions (Kuro)

Carolina Panthers 35 @ Detroit Lions 49
Toutes griffes dehors
Au cas où vous l’aviez oublié, voici un petit rappel : aucune avance n’est suffisante face aux Lions de Detroit, mise à part celle quand l’horloge marque 0:00 au 4e QT. La preuve…

La stat qui dit tout : Les Lions sont 153-66 en 2e MT sur la saison.

La nouvelle victime cette semaine  : les Panthers de Carolina, qui ont mené jusqu’à 24-7 en première mi-temps, puis 27-14 à la mi-temps.

La faute à un début de match catastrophique des Lions et à un véritable questionnement sur la main de lancer de Matthew Stafford. Celui qui avait martelé que c’était le vent de Chicago et non sa main qui avait causé toutes les interceptions contre les Bears a commencé son match avec 2 INT sur les deux premiers drives. Keiland Williams a rajouté au fun en fumblant dans la red zone des Panthers, ce qui a donné donc 3 turnovers des Lions dans le simple premier quart-temps.

Et puis Stafford a décidé de remettre les pendules à l’heure et il n’a plus commis d’erreurs du match, finissant à 28/36, 335 yards, 5 TD et 2 INT. Lions, nouveaux adeptes du shootout. Il a été bien aidé par un corps de receveurs secondaires qui a parfaitement complémenté l’habituelle performance de Calvin Johnson. Megatron est certes le meilleur receveur en yardage de l’équipe (5 catchs 89 yards), mais Stafford est allé distribuer les TD chez ses comparses : Nate Burleson, Brandon Pettigrew, Tony Scheffler, Titus Young et un dernier pour le bonhomme du match, Kevin Smith.

Drôle d’histoire que celle de Smith : drafté en 2008, il n’a jamais vraiment performé et il a souvent été blessé. Les Lions ne voulaient plus de lui mais ont été obligé de le resigner à cause des blessures de Jahvid Best et Mikel LeShoure et du trade ratée Ronnie Brown/Jerome Harrison. Après Chris Johnson la semaine dernière, c’est donc lui qui a profité du “Carolina Opponent Runner Revival Effect” avec une production importante : 16 courses pour 140 yards et 2 TD, ainsi que 4 réceptions pour 61 yards et 1 TD (chose amusante : son ancien meilleur total de yards à la course avant ce match était de 112 yards sa saison de rookie… déjà contre Carolina :p).

Et pourtant, le match n’a pas vraiment bien démarré dans les tranchées pour les Lions, qui pâtissent d’une OL suspecte que ce soit à la course ou à la passe. Mais après un démarrage difficile qui a vu la DL des Panthers mettre la pression et arrêter le jeu au sol, la tendance s’est inversée au 3e QT et à partir de là, les Lions ont pu courir sur la tête des Cats à volonté. Je ne sais pas si des ajustements ont été faits à la mi-temps, mais visiblement ça a fonctionné.

La défense des Lions a lâché du lest en première période, un peu moins en seconde et a commis quelques pénalités stupides qui ont gardé les Cats en vie sur certains drives. D’ailleurs j’en profite pour faire une spéciale dédicace à Cliff Avril. Visiblement le DE veut reprendre le flambeau de Roy Williams le Safety maintenant à la retraite comme nouveau “Horse Collar Tackle Specialist”; 2 HCT dans le match dont 1 qui était limite un “Dread Pulling Tackle” sur DeAngelo Williams.

Plus sérieusement, la pression sur Cam a été constante (même s’il n’y a eu qu’un sack par Kyle Vanden Bosch), et les arrières des Lions ont fait le boulot en interceptant 4 passes par Wright, Levy, Tulloch et Harris. A noter la belle défense de Eric Wright qui s’est trouvé la plupart du temps face à Steve Smith, ce qui n’est jamais facile, et qui s’en est tiré honorablement.

En parlant de pénalités, les Panthers ont également continué sur leur lancée de la saison avec 8 pénalités, un mal classique chez Carolina. Et tu avances l’adversaire, et tu recules ton attaque, comment veux-tu comment veux-tu que… tu gagnes un match en NFL ? D’ailleurs les Cats aussi y sont allés de leur Horse Collar Tackle, à croire que c’était “Roy Williams The Safety Memorial Day”.

Cam Newton a encore vécu un match en dents de scie. Il a subi la pression mais a su s’en extirper la plupart du temps avec ses jambes, courant au passage pour 2 TD. Mais à la passe son match a été bien plus difficile et même s’il a trouvé Steve Smith pour le seul TD à la passe des Panthers, il a lancé 4 INT dans le match. On peut argumenter en disant que la première est déviée, la seconde est provoquée par la bonne pression de Suh et les deux autres arrivent alors que les Cats sont en retard dans le 4e QT, mais le résultat est le même : Cam termine 22/38, 280 yards, 1 TD et 4 INT. Encore une expérience frustrante pour le rookie.

Smith a été limité à 5 catchs pour 41 yards et 1 TD, et il faut regarder ailleurs pour avoir des satisfactions côté Carolina. DeAngelo Williams et Johnathan Stewart sont redevenus “Double Trouble” dans ce match. DeAngelo a accumulé 73 yards en 10 portés, alors que Stewart a 6 réceptions pour 87 yards, souvent la cible de petites dumpoffs et screens de la part de Newton. Le duo cumule 214 yards au total dans l’attaque et cela fait un moment qu’on attendait cela de leur part. Stewart notamment a pu profiter de l’absence de Jeremy Shockey qui a eu un effet double : déjà, pas de réceptions pour lui, et surtout Greg Olsen a souvent été gardé en protection contre la pression de la défense des Lions, ouvrant les petites passes pour le coureur.

Et puisqu’on en est aux réveils inespérés, en voilà une pas piqué des hannetons : les Panthers ont marqué sur Kick Return. Si, si c’est vrai, je l’ai vu de mes yeux vu : le rookie Kealoha Pilares a marqué sur un return de 101y. Si avec ça les Cats n’arrivent pas à gagner, c’est à désespérer de tout !

En ce qui concerne la défense des Panthers, elle a commencé le match toutes griffes dehors à la surprise de tout le monde. En première mi-temps, elle a réalisé deux interceptions de James Anderson et Charles Godfrey, deux sacks de Thomas Keiser et un fumble provoqué par Jordan Senn recouvré par Andre Neblett, ce qui avec le Kick Return explique le démarrage en trombe de Carolina. Le problème c’est que les Panthers sont revenus sur Terre assez vite, redonnant des yards à la passe et surtout à la course. 500 yards encaissés en défense, 7 TD, et le malaise ne date pas d’hier. A noter quand même que sans Jon Beason, Thomas Davis et Dan Connor, James Anderson fait de son mieux pour boucher les trous avec 10 plaquages.

Les Panthers ont donc profité de quelques opportunités heureuses pour prendre le large dans ce match, mais en jouant toute la seconde mi-temps à “je me roule en boule en espérant que ça suffise”, les Lions ont fini par reprendre le dessus fort logiquement.

Et tout ça nous amène donc, jeudi prochain, à un affrontement entre l’équipe spécialiste des comebacks et l’équipe spécialiste des grosses avances réduites à juste ce qu’il faut pour gagner à la fin. Préparez le popcorn, et espérez qu’on ne revive pas le vieux 7-3 de la saison dernière.