NFL Team Honors III : Cincinnati

500-Bengals

L’herbe est toujours plus verte ailleurs : les fans ont maudit cette série de qualifications en playoffs pour sortir dès le premier match, mais c’était toujours mieux que de faire des saisons négatives. C’est la deuxième d’affilée avec un bilan sensiblement identique (à un match nul près), mais pourtant elle représente une vraie anomalie : l’attaque a été assez catastrophique, la défense a été moyenne dans l’ensemble, le temps de possession est le pire de la ligue… et pourtant Cincinnati s’en tire avec un bilan presque à l’équilibre, ce qui est à la fois un produit du calendrier, un petit miracle, et la preuve qu’avec un peu de réussite et des ajouts intelligents, les Bengals ne sont pas si loin que ça.

À lire avec circonspection.

 

CINCINNATI BENGALS
3e AFC North ~ 7-9

 

Les prévisions de Madame Soleil 2017

 

Circulez, il n’y avait pas grand-chose à voir comme différence entre les Bengals de 2016 et les Bengals 2017. À part l’exploit de conserver tous les assistants coachs sans que l’un ne parte aller diriger une autre franchise, c’était plutôt une intersaison tranquille à Cincy… excepté pour la ligne offensive. L’unité, qui avait plongé d’un seul coup sans prévenir, avait été remaniée en partie avec les départs du Guard Kevin Zeitler et de l’emblématique Left Tackle Andre Whitworth ; l’ex-Right Tackle Andre Smith revenait au bercail au passage. Pour le reste de l’attaque, Andy Dalton, A.J. Green, Tyler Eifert, Giovani Bernard et Jeremy Hill étaient rejoints par deux joueurs renommés à la draft, chacun pour des raisons différentes : le nouveau recordman du 40 yard dash au Combine, le premier tour receveur John Ross, et le plus controversé des coureurs, le deuxième tour Joe Mixon.

Avec pas moins de onze choix de draft, les Bengals avaient pu prendre leur temps pour s’occuper également de la défense, notamment de la ligne défensive avec trois rookies : le troisième tour Defensive End Jordan Willis, le quatrième tour Defensive End Carl Lawson et le quatrième tour Defensive Tackle Ryan Glasgow. Un choix normal tant Geno Atkins et Carlos Dunlap se sentaient un peu seuls en playmakers dans l’unité qui avaient perdu Domata Peko et le lanceur de disque Margus Hunt. Chez les Linebackers, l’ère Ray Maualuga était finalement terminée, et la signature de Kevin Minter pouvait être sympathique avec Vincent Rey et Vontaze Burfict. Les arrières étaient inchangés, mais espéraient que Darqueze Dennard trouve un peu plus sa place.

Comme souvent à Cincy, le changement dans la continuité, mais il fallait se remettre d’une chute plus brutale que d’habitude. Il y avait eu suffisamment de pertes dans la ligne offensive pour que le scepticisme fût de rigueur sur sa capacité à performer. Les Bengals n’avaient pas vraiment de gros trous ailleurs (si Eifert pouvait faire une saison complète).

 

La saison

 

  • Week 1 : Baltimore, 0-20
  • Week 2 : Houston, 9-13
  • Week 3 : @Green Bay, 24-27 (OT)
  • Week 4 : @Cleveland, 31-7
  • Week 5 : Buffalo, 20-16
  • Week 6 : BYE
  • Week 7 : @Pittsburgh, 14-29
  • Week 8 : Indianapolis, 24-23
  • Week 9 : @Jacksonville, 7-23
  • Week 10 : @Tennessee, 20-24
  • Week 11 : @Denver, 20-17
  • Week 12 : Cleveland, 30-16
  • Week 13 : Pittsburgh, 20-23
  • Week 14 : Chicago, 7-33
  • Week 15 : @Minnesota, 7-34
  • Week 16 : Detroit, 26-17
  • Week 17 : @Baltimore, 31-27

 

Le bilan

 

  • Global : 7-9.
    • Par demi-saison : 3-5, 4-4.
    • Par quart de saison : 1-3, 2-2, 2-2, 2-2.
    • À domicile : 4-4.
    • À l’extérieur : 3-5.
    • Dans la division : 3-3.
    • Dans la conférence : 6-6.
    • Contre les équipes ayant terminé avec un bilan positif : 3-6.
    • Contre les équipes qualifiées en playoffs : 1-5.
    • En dernier quart-temps (W-L-TT-TL) : 2-2-0-1.
    • Dans les matchs à une possession d’écart : 4-4.
    • En prolongation : 0-1.
  • Calendrier projeté (avec les bilans de 2016) : 114-140-2 (0.449, 28e).
  • Calendrier réel (avec les bilans de 2017) : 119-137 (0.465, 26e).
    • Écart entre les deux : 0.016 (16e).

Le calendrier a été à peu près comme attendu, et surtout bien plus facile que l’année dernière (0.512), ce qui est une des raisons pour lesquelles Cincy a réussi à s’en tirer avec un bilan pareil. L’équipe a su améliorer la majorité de ses bilans : +1 à l’extérieur, +1 dans la conférence, +1.5 contre les équipes terminant en positif, et +2.5 dans les matchs à une possession. Comme vous pouvez le voir, ils ont soufflé le chaud et le froid en dernier quart-temps avec deux victoires arrachées (Buffalo et Indy) et deux défaites lâchées (@Green Bay et Pittsburgh au retour). D’ailleurs, ce match de Week 13 contre les Steelers a été terrible puisque les Bengals menaient 17-0 au bout de 29:29 pour perdre finalement 20-23 ; Atlanta est la seule autre équipe à avoir perdu en ayant mené de +17 pendant un match. Autre stat qui prouve le manque de contrôle : Cincinnati n’a compté qu’une seule victoire sans jamais être mené au score.

 

La réalité

 

Quand vous vous retrouvez à virer votre Coordinateur Offensif au bout de deux matchs, vous savez que 1) votre attaque a un problème et 2) la saison va être longue. Ken Zampese a été remercié très vite, mais l’escouade a ramé pour produire du jeu pendant toute la saison, malgré plusieurs talents en son sein : 18.1 points marqués (26e) avec un écroulement en deuxième mi-temps (7.0 points seulement – 30e), 34 TDs (21e), 57.9 actions (32e), 21.0 actions dans le terrain adverse (32e), 280.5 yards (32e) à 4.8 yards par action (27e), 16.7 first downs (30e), 42 big plays (29e), 33.7% de 3e tentatives converties (29e) avec notamment un très mauvais taux entre 1 et 3 yards pour le first down (43.9% – 31e) ou 42 voyages en redzone (27e) ; au moins les Bengals ont été plutôt efficaces avec 55.8% terminant en TD (12e). Bref, l’attaque n’a pas assez avancé et n’a pas assez marqué, ce qui explique le pire temps de possession à 27:10 et un Kicker mis au régime avec 18 FGs réussis (27e) sur 20 tentés (30e).

De fait, même avec une défense qui contient encore plus de talent que votre attaque, elle ne peut pas faire de miracle quand elle passe autant de temps sur le terrain ; elle a pourtant essayé d’aider avec 3 TDs marqués. Elle a limité la casse avec 21.6 points encaissés (16e) mais elle a trop souffert au début des matchs avec 40 points encaissés sur le premier drive adverse (30e) ou dans les deux dernières minutes des mi-temps avec 79 points (30e). Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir résister : 35 TDs encaissés (11e), 5.0 yards par action (6e), 53 big plays (8e) dont 9 homeruns (11e) ; si le taux de conversion de 3e tentative autorisée est trop haut à 40.7% (25e), ce qui a permis aux adversaires d’entrer 61 fois en redzone (31e), au moins elle n’a permis que 46.4% de TDs (9e). Mais elle a eu un souci pour voler les ballons (14 – 30e), et surtout, comme d’habitude, elle a été trop indisciplinée, offrant 12.6% des first downs adverses sur pénalité (27e).

Voici les récompenses de la saison :

Tiens, regardez qui a encore fini en tête des sackeurs de son équipe alors qu’il n’est que Defensive Tackle. Geno Atkins est en général cantonné au titre de Defensive Player Of The Year, mais cette saison il s’est imposé comme le meilleur et le plus constant des éléments de l’équipe.

http://www1.pictures.zimbio.com/gi/Geno+Atkins+Cincinnati+Bengals+v+Denver+Broncos+zztcgCzFO03l.jpgCertes, il a eu un peu moins d’impact dans le jeu au sol avec 46 plaquages mais seulement 2 run stuffs (un petit problème qui a été récurrent dans l’escouade), mais il a toujours cette capacité à affoler les Offensive Linemen et Quarterbacks adverses avec 29 pressions dont 9 sacks. En défense à Cincinnati, on le sait déjà depuis un moment, tout commence par Atkins.

Un certain leitmotiv va se dégager du Season Review des Bengals : dépenser des choix de premier tour sur les Cornerbacks peut finir par payer. Dans le cas présent, nous parlons de celui du « milieu », Darqueze Dennard. Drafté en 2014, il n’a jamais réussi à se faire une place, étant barré par les vétérans, et il n’a jamais vraiment brillé quand Cincy a fait appel à lui. Mais cette saison, l’histoire à été différente : non seulement il réussit la prouesse de finir EN TÊTE DES PLAQUAGES avec 85, mais cela n’a pas été de la vaine activité. Il a été très solide en couverture avec 6 passes défendues et 2 INTs dont un pick-6 et a même aidé dans le pass-rush avec 4 pressions dont 2 sacks. Les Bengals avaient levé l’option de cinquième année de son contrat rookie, ce qui était une sacrée preuve de confiance vu sa carrière jusque là… Dennard les en a remerciés avec une saison pleine qui, les Bengals l’espèrent, va en appeler d’autres. Mais pour cela, il doit rester en bonne santé.

Malheureusement pour Cincy, avec les stats offensives ci-dessus, on peut s’attendre à ce que le choix soit restreint ; il l’est. Le receveur A.J. Green reste au-dessus de la mêlée ; son principal problème c’est qu’il a reçu environ zéro soutien cette saison, et qu’il a eu quelques problèmes avec ses mains (4 drops et 2 fumbles). Tout cela s’est vu avec un niveau de frustration grandissant chez le #18 menant à un pétage de boulon contre Jacksonville (ce qui est tellement rare de sa part que tout le monde a été surpris).

Les années passées, il a parfois été question de sa motivation ou de sa capacité à se battre pour certains ballons, mais on ne peut nier qu’il a fait ce qu’il a pu en 2017 : ciblé 145 fois (8e NFL), il termine avec 75 réceptions pour 1078 yards et 8 TDs ; le deuxième joueur en yards offensifs est à 626, et le deuxième receveur à 548, ce qui vous pose le tableau du désastre ; c’est Brandon LaFell qui a officié comme « lieutenant » avec ses 52 réceptions et 3 TDs. La belle surprise est venue d’un Tyler Tight End… mais pas celui qu’on croit : l’habituel blessé a laissé sa place à Tyler Kroft qui aurait presque mérité d’être Most Underrated Player avec Dennard ; il termine avec 42 réceptions pour 404 yards mais surtout 7 TDs !

http://www2.pictures.zimbio.com/gi/j+Green+Andy+Dalton+Pittsburgh+Steelers+v+gIdapqSQSODl.jpgD’aucuns argumenteront que nous avons tout de même trois cibles qui ont scoré 18 TDs ensemble, mais elles n’ont pas gagné plus de 2000 yards (et ont réalisé 15 drops). Serait-ce donc la faute d’un Quarterback incompétent ? En évaluant la saison d’Andy Dalton, il ne faut pas oublier qu’il a démarré la saison avec aucun TD et 4 INTs en deux matchs avant le renvoi de Zampese, et qu’il a été plombé (comme toute l’attaque) par une mauvaise ligne sur laquelle nous reviendrons. Ajoutez à cela le manque d’aide pour Green, et on ne peut pas dire que sa ligne de stat finale soit si mauvaise : 59.9%, 3320 yards (6.7), 25 TDs, 12 INTs, 4 fumbles, 39 sacks, 86.6 de QB Rating.

Le Ginger Red Ninja Rifle est connu : il ne gagnera pas des tonnes de matchs par la seule force de sa volonté d’airain, il n’en fera pas perdre des tonnes non plus en balançant saucisse sur pizza car ce n’est pas un incapable notoire ; il a juste besoin d’aide. On peut également se demander pourquoi le sophomore Tyler Boyd (encore un Tyler !), si intéressant en 2016, ne finit qu’avec 32 ciblages pour 22 réceptions, 225 yards et 2 TDs. En tout cas, avec tout cela, il n’est pas étonnant que l’équipe finisse à 195.1 yards à la passe par match (27e) avec un manque criant d’explosivité (34 big plays – 28e).

P.S. : vous croyez que les Bengals se sentent obligés d’avoir trois Tyler dans leur équipe parce que phonétiquement c’est proche de « Tiger » ? Tigre du Bengale, etc.

Continuons dans notre saga « il faut parfois être patient avec les Cornerbacks pris au premier tour ». William Jackson III a connu une année rookie blanche, n’ayant pas joué un snap ; dans ce genre de cas, il est facile de craindre que le joueur ait perdu une saison et, en l’état, que sa deuxième saison soit sa vraie saison rookie. Si c’était le cas, alors il gagnerait haut la main le titre de Rookie Of The Year, mais comme il a été drafté en 2015, il devra se « contenter » d’être élu Defensive Player Of The Year.

Il n’était pas forcément titulaire au début de la saison et a profité des blessures, mais il en a bien profité. Le fait d’avoir réussi un pick-6 sur Aaron Rodgers, l’équivalent du passage de la comète de Haley près de la Terre, est remarquable, mais Jackson a été bien plus que cela ; il a régulièrement causé des problèmes pour les receveurs adverses (demandez à Antonio Brown). Avec 14 passes défendues et le fameux pick-6, il s’est imposé comme titulaire et forme un jeune duo redoutable avec Dennard sur lequel l’équipe voudra compter dans le futur. Il faudra juste qu’il pense à tamponner Le’Veon Bell quand il le voit passer sous son nez la prochaine fois.

On vient de quitter du bon jeune qui promet, restons donc dans l’ambiance car l’aide est également arrivée des « vrais » rookies cette saison. Parmi eux, deux se sont véritablement détachés : le deuxième tour coureur Joe Mixon et le quatrième tour Defensive End Carl Lawson.

http://www1.pictures.zimbio.com/gi/Joe+Mixon+Cincinnati+Bengals+v+Baltimore+Ravens+1yv_-P0NokWl.jpgMixon a deux principaux défauts ; enfin un seul si ne vous vous intéressez qu’au terrain : Marvin Lewis a mis bien trop de temps à comprendre qu’il devait lui faire confiance. Une fois que le Head Coach a saisi que Jeremy Hill était cuit avec 37 courses pour 116 yards (3.1 de moyenne), il a enfin fait confiance au rookie : Mixon a été remuant avec 208 touches pour 913 yards et 4 TDs ; il doit néanmoins faire attention aux fumbles avec 2 perdus. Il a partagé la tâche avec un Giovani Bernard qui reste toujours fiable via 148 touches pour 847 yards ; comme Mixon il a scoré 4 TDs, mais comme lui il doit bosser les mains avec 4 drops. Néanmoins, malgré leurs efforts, les problèmes dans la ligne offensive n’ont pas aidé au sol : Cincy finit à 3.6 yards par course (29e), 6 TDs (28e), 8 big plays (20e) et aucun homerun.

De son côté, Lawson est venu s’ajouter à une ligne défensive intéressante (mais pas dénuée de problèmes). Le rookie a eu un bel impact dans le pass-rush avec 29.5 pressions dont 8.5 sacks, surtout quand on remarque qu’il n’a pas tant joué que cela (389 snaps contre la passe). Il devra avoir plus de poids contre la course, mais c’est un beau ratio qui demande à être développé pour assister Carlos Dunlap ; le vétéran continue d’être une force générale avec 12.5 plaquages à perte (top team) dont 5 run stuffs, 32.5 pressions (top team) dont 7.5 sacks et surtout son grand spécial : 7 passes déviées (avec un pick-6 !). Michael Johnson a été un peu mieux qu’en 2016 et reste intéressant contre la course mais il a perdu des snaps de pass-rush au profit de Lawson ; il accumule 11 plaquages à perte dont 6 run stuffs et 12 pressions dont 5 sacks. L’intérieur de la ligne, sans Atkins, est également un point d’interrogation où personne ne sort vraiment du lot, ce qui a été un problème au sol avec 4.2 yards encaissés par course (22e) et 13 TDs (18e).

L’un est bon quand il n’est pas blessé mais il a été supplanté, l’autre est bon quand il n’est pas blessé ni suspendu et ne peut pas être supplanté, et le troisième est peut-être bon mais il n’a jamais pu mettre le pied sur le terrain pour le prouver. Toi aussi sauras-tu deviner l’identité de ceux qui se partagent la « récompense » ? On connaissait les soucis de deux éléments du trio infernal, mais le premier tour receveur John Ross est venu se rajouter dans une saison totalement et bizarrement perdue : rechute, encore une rechute, retour, fumble perdu sur son seul ballon touché de la saison (ça ne s’invente pas), blessure, absence, retour, passe de Dalton qu’il laisse intercepter, découverte d’une autre blessure qu’il cachait aux coachs, banc, IR. L’ex-Husky sait ce qu’il lui reste à faire en 2018 : comme William Jackson.

Nous avons déjà évoqué Tyler Eifert et le fait qu’un Tyler en redzone pouvait en cacher un autre, et que pouvons-nous dire sur Vontaze Burfict que vous ne sachiez pas déjà ? Il est excellent, mais puisqu’on parlait de comète de Haley tout à l’heure, la saison 2013 dont il a joué tous les matchs pourrait bien être le même type d’occurrence très rare. Il n’a joué que dix matchs cette saison entre blessures et suspension (quelle surprise) mais il a encore une grande influence : 69 plaquages dont 5 run stuffs, 2 passes défendues et 1 fumble forcé. Son absence se fait toujours sentir : Vincent Rey et Nick Vigil manquent du même impact sans lui (97 plaquages solos mais seulement 7 run stuffs à eux deux). Le corps de Linebackers reste un peu le parent pauvre de la défense entre la ligne défensive et les arrières ; seulement 12.5% des courses adverses ont terminé en run stuffs (18e).

Atkins dominateur dans le pass-rush, Lawson qui a apporté aux côtés de Dunlap, Dennard et Jackson récompensés… la meilleure unité semble se dégager, n’est-ce pas ? La couverture a en effet été le secteur le plus en réussite à Cincinnati, si on part du principe qu’on englobe le pass-rush et le jeu des arrières dedans. Nous n’avons pas encore donné les stats totales de ce premier pan : 143 pressions (8e) dont 41 sacks (11e). Comme la défense n’a pas croulé sous les tentatives de passe adverses (35.1 – 23e), cela donne de très bons taux respectifs avec 25.5% de pressions (9e) et 6.8% de sacks (9e) ; le seul bémol est la conversion de ces pressions en sacks à hauteur de 28.7% (18e), mais il y a pire.

Cela a logiquement aidé la couverture qui a réussi 73 passes défendues (13e) pour un taux par passe tentée de 13% (15e). En moyenne, un QB adverse a terminé à 59.9% (12e), 211.2 yards (8e), 6.0 yards par passe tentée (5e) et 82.9 de QB Rating (13e) pour des totaux de 20 TDs (8e) et 11 INTs (20e) ; on peut d’ailleurs remarquer que tout le monde a mis la main à la pâte puisque les 11 INTs sont venues de 10 joueurs différents, soit la plus faible moyenne d’INT par joueur à 1.1 – c’est à la fois une bonne chose (beaucoup de joueurs impliqués) et une mauvaise (manque d’un vrai leader dans la catégorie). C’est donc plutôt bien, mais elle peut mieux faire : 6 receveurs ont réussi des matchs à 100+ yards (24e) à cause notamment de 112.0 yards après réception par match (24e).

http://www1.pictures.zimbio.com/gi/William+Jackson+III+Tampa+Bay+Buccaneers+v+-TVua-KFsMtl.jpgCela vient du fait que si Dennard et Jackson ont été vraiment bons, pour terminer notre saga sur les Cornerbacks du premier tour, tous n’ont pas eu la même réussite : Dre Kirkpatrick a été la faille dans la couverture malgré 14 passes défendues et 1 INT. Chez les Safeties, le groupe a été embêté par les blessures : George Iloka et Shawn Williams restent une paire sympathique dans l’ensemble (6 run stuffs, 8 passes défendues, 2 INTs, 2 fumbles récupérés), mais un peu de compétition ne pourrait pas faire de mal. C’est le résumé de la saison de Cincy : même quand on trouve ce qui a le mieux marché, il faut l’améliorer.

Pour rebondir sur ce qui vient d’être dit, imaginez ce que cela donne quand on attaque ce qui a le moins bien marché. La ligne offensive, jadis si solide, a été dépecée comme un boucher expert le ferait avec une carcasse de boeuf ; actuellement la tête et les côtes sont d’un côté du pays, les pattes avants d’un autre, les pattes arrières encore ailleurs, l’échine dans un quatrième endroit différent, et il n’est resté que la queue à Cincinnati ; la queue de boeuf, on en fait un plat sympathique, mais ce n’est pas avec ça qu’on va nourrir une attaque entière de NFL.

Après ce moment sponsorisé Label Rouge (désolé les végétariens & consorts), revenons à nos mout… à nos boeu… à nos Offensive Linemen. Avec les départs de Kevin Zeitler et Andrew Whitworth, les Bengals ont vu la catastrophe arriver si nettement qu’ils ont essayé de faire revenir Andre Smith pour installer des rotations aux postes de Tackles ; quand vous en arrivez à des concepts pareils, vous avez déjà perdu. Comme on s’en doutait, Cedric Ogbuehi et Jake Fisher n’ont pas pu tenir la distance, et le remplacement de Zeitler à l’intérieur n’a jamais fonctionné. Russell Bodine (qui a lui même des limitations) et Clint Boling se sont retrouvés un peu seuls, et le résultat est là. Au sol, les coureurs n’ont jamais vraiment eu la paix avec 10.1% de run stuff adverse par course tentée (26e). En protection, il est vrai qu’elle n’a autorisé que 104 pressions (8e), mais elles ont donné 40 sacks (19e) soit un taux de sack encaissé par action de passe de 7.3% (22e) et le pire taux de conversion avec 38.5%.

Voilà un des gros soucis de Cincinnati cette année : aucun des rares mouvements faits en Free Agency n’a eu de réussite ; le retour d’Andre Smith ne l’a pas mis dans une situation facile et l’expérience Kevin Minter en Linebacker a été un four.

Sans surprise, les départs de Zeitler et Whitworth qui n’ont jamais été remplacés de manière satisfaisante.

La victoire 31-27 contre Baltimore en Week 17. Cincy a vengé la défaite 20-0 en Week 1 en éteignant les rêves de playoffs d’un adversaire de division avec un scénario qui a pourtant vu les Bengals se faire (encore) remonter de 24-10 à 24-27 ; avant de clore le match sur une explosion trop rare de Dalton pour Boyd.

La défaite 23-20 contre Pittsburgh en Week 13. Sensiblement le même scénario que face à Baltimore, mais en plus cruel : une mi-temps parfaite à 17-3 tout juste polluée par un Field Goal, avant un écroulement généralisé en dernier quart-temps et une victoire des Steelers. Pire, cette défaite a annoncé les deux crashs suivants contre la NFC North (33-7 vs Chicago et 34-7 à Minnesota).

A.J. Green se frite avec Jalen Ramsey à Jacksonville. Nous en avons déjà parlé, mais c’est tellement rare de voir Green exploser de la sorte que c’était plus parlant qu’un long discours sur la situation du club (même si le défenseur en question est le genre à provoquer cela).

 

Le futur

 

Domicile : Baltimore, Cleveland, Denver, Miami, New Orleans, Oakland, Pittsburgh, Tampa Bay.
Extérieur : Atlanta, Baltimore, Carolina, Cleveland, Indianapolis, Kansas City, LA Chargers, Pittsburgh.
Matchs contre des équipes ayant terminé avec un bilan positif en 2017 : 9.
Matchs contre des équipes qualifiées en playoffs en 2017 : 6.
Bilan cumulé en 2017 : 121-135 (0.473, 29e).

C’est le problème des équipes de l’AFC North : la présence de Cleveland compte déjà pour 0-32 et plombe les bilans, mais au mieux cela ne donnera que deux victoires l’année prochaine. Avec la NFC South au programme et une AFC South qui pourrait retrouver la moitié de ses Quarterbacks titulaires, attention.