NFL Team Honors III : Arizona

500-Cardinals

C’est paradoxal : Arizona a probablement été la franchise la plus excitante à suivre en dernier quart-temps, mais quand on essaie de se rappeler quelque chose de précis… la franchise du désert a traversé sa saison un peu comme un zombie ; elle a fini à l’équilibre (ce qui est toujours bien), mais elle est arrivée au bout de ce qu’elle pouvait faire avec son 2731e Quarterback emprunté. Pour retourner dans les premiers rôles, il va falloir qu’elle prenne exemple sur les autres dans sa division : drafter ENFIN le franchise Quarterback et profiter de son contrat cadeau pour recharger les batteries ailleurs. Mais sans Bruce Arians.

À lire en retirant son béret.

 

ARIZONA CARDINALS
3e NFC West ~ 8-8

 

Les prévisions de Madame Soleil 2017

 

Les Cardinals avaient perdu la passe longue et une certaine stabilité dans la protection l’année précédente. La première partie allait se régler d’elle-même si John Brown se remettait de sa drépanocytose aux côtés de Larry Fitzgerald, J.J. Nelson, l’autre Brown (Jaron) et le rookie de troisième tour Chad Williams pour servir de cibles à Carson Palmer. Le deuxième point n’avait pas vu énormément de changement dans la ligne offensive, mis à part le départ du Guard Earl Watford ; la franchise espérait que l’unité avait déjà la qualité suffisante mais devait juste rester en bonne santé pour non seulement protéger le Quarterback mais ouvrir les brèches au formidable coureur/receveur David Johnson.

Il y avait déjà un peu plus de modifications en défense, et pas des moindres, puisque deux éléments essentiels s’en étaient allés : un connu, l’emblématique Defensive End Calais Campbell, et un moins connu mais redoutablement efficace, le Safety Tony Jefferson. Le départ de celui-ayant-le-prénom-d-une-ville-à-nous allait fatalement mettre une pression forte sur le sophomore Robert Nkemdiche qui avait fait une saison rookie quasi-blanche le temps d’apprendre la vie de footballeur professionnel. Derrière, si le duo d’Outside Linebackers Chandler Jones – Markus Golden était toujours présent pour presser le Quarterback (recevant l’aide de l’ex-Steeler Jarvis Jones), l’intérieur avait changé avec le départ de Kevin Minter, le retour de Karlos Dansby et la draft du premier tour Haason Reddick. Enfin, chez les arrières, Brandon Williams prenait la place de Marcus Cooper à l’opposé de Patrick Peterson, alors que le vétéran Safety Antoine Bethea et le rookie de deuxième tour Budda Baker étaient arrivés pour assister Tyvon Branch et Tyrann Mathieu.

Quelques changements non négligeables en défense qui demandaient d’être surveillés de près, mais à part cascade de blessures il n’y avait aucune raison pour que l’attaque ne retrouve pas sa verve de 2015. Cela pouvait faire croire que 2016 était un accident, et qu’Arizona pourrait de nouveau lutter pour les playoffs.

 

La saison

 

  • Week 1 : @Detroit, 23-35
  • Week 2 : @Indianapolis, 16-13 (OT)
  • Week 3 : Dallas, 17-28
  • Week 4 : San Francisco, 18-15 (OT)
  • Week 5 : @Philadelphia, 7-34
  • Week 6 : Tampa Bay, 38-33
  • Week 7 : @LA Rams, 0-33
  • Week 8 : BYE
  • Week 9 : @San Francisco, 20-10
  • Week 10 : Seattle, 16-22
  • Week 11 : @Houston, 21-31
  • Week 12 : Jacksonville, 27-24
  • Week 13 : LA Rams, 16-32
  • Week 14 : Tennessee, 12-7
  • Week 15 : @Washington, 15-20
  • Week 16 : NY Giants, 23-0
  • Week 17 : @Seattle, 26-24

 

Le bilan

 

  • Global : 8-8.
    • Par demi-saison : 4-4, 4-4.
    • Par quart de saison : 2-2, 2-2, 1-3, 3-1.
    • À domicile : 5-3.
    • À l’extérieur : 3-5.
    • Dans la division : 3-3.
    • Dans la conférence : 5-7.
    • Contre les équipes ayant terminé avec un bilan positif : 3-6.
    • Contre les équipes qualifiées en playoffs : 2-3.
    • En dernier quart-temps (W-L-TT-TL) : 3-3-2-0.
    • Dans les matchs à une possession d’écart : 6-2.
    • En prolongation : 2-0.
  • Calendrier projeté (avec les bilans de 2016) : 117-135-4 (0.465, 23e).
  • Calendrier réel (avec les bilans de 2017) : 125-131 (0.488, 22e).
    • Écart entre les deux : 0.023 (12e).

Un calendrier un peu plus compliqué que prévu suite au réveil de Rams, mais rien de bien transcendent non plus ; cela se voit d’ailleurs dans le bilan dans la division qui a chuté de 4-1-1 à 3-3. L’équipe a également plongé contre les adversaires terminant en positif (3-3-1 vs. 3-6), mais elle a été plus efficace dans les matchs à une possession d’écart (3-5-1 vs. 6-2 – 3e meilleur bilan NFL). Arizona a été l’une des franchises les plus palpitantes à suivre avec la moitié de ses matchs décidés dans le dernier quart-temps : trois victoires arrachées (@Indy, San Francisco, Tennessee) dont deux en forçant la prolongation et trois défaites concédées (@Detroit, Dallas, @Houston). Cela prouve bien un manque de contrôle sur le déroulement des matchs, ce qui explique aussi cette alternance presque parfaite de victoires et de défaites dans le calendrier.

 

La réalité

 

Autant commencer par le bât qui blesse puisque nous l’avons évoqué dans l’en-tête. L’attaque s’est écroulée sans deux armes principales : -7.7 points marqués à 18.4 (25e) dont -5.5 en deuxième mi-temps à 8.1 (30e) ainsi que -48 points scorés dans les deux dernières minutes des mi-temps à 38 (28e), -22 TDs à 29 (29e), -52.7 yards à 314.1 (22e), -0.7 yards par action à 4.7 (30e), -3.6 first downs à 19.4 (17e), -23.1% de voyages en redzone terminant en TD à 41.7% (30e), -26.6% de situations en Goal-To-Go terminant en TD à 12.5% (32e), -5.5% de 3e tentatives converties à 35.2% (24e) et toujours autant de passes défendues par l’adversaire à 110 (32e). C’est dommage parce qu’on a vu l’escouade maintenir certains niveaux intéressants comme l’explosivité avec 60 big plays (14e – mais il y a eu moins de homeruns avec 5 – 30e – soit un taux très bas de 8.3% – 31e), les voyages en redzone avec 53 (12e) ou les actions en terrain adverse avec 29.6 (13e) ; ils ont même tenté et réussi plus de Field Goals (32/40), ce qui a un peu aidé à redresser la barre. De fait, on se retrouve, malgré tout cela, avec une stat qui peut paraître étrange : les Cards sont 8e en temps de possession moyen avec 30:56 grâce au plus grand nombre de drives en NFL à 195.

C’est cependant moins étrange quand on regarde la performance de la défense ; elle est montée en puissance toute la saison. Elle a été stable à 22.6 points encaissés (19e) et 41 TDs (20e), c’est juste que la ligue dans son ensemble a été meilleure défensivement dans ces catégories, expliquant la chute dans le classement (-7 et -10 respectivement). Malgré une grosse capacité à tenir à la fin des mi-temps (38 points dans les deux dernières minutes dont seulement trois en dernier quart-temps), elle a quand même fini par craquer au cours des matchs avec une attaque qui ne fait pas assez : 12.8 points encaissés en deuxième mi-temps (27e) dont 8.0 en dernier quart-temps (28e). Sa qualité est néanmoins indéniable à 4.9 yards encaissés par action (4e), 17.7 first downs (8e), 53 big plays (8e) dont 8 homeruns (8e), 47 voyages adverses en redzone (7e – mais 58.7% terminant en TD – 24e), 35.7% de 3e tentatives autorisées (6e) et 97 plaquages à perte (11e) ; mais on a vu une baisse des ballons volés à 21 (16e) qui provient principalement d’une chute drastique de capacité à récupérer les fumbles (18 causés pour seulement 6 recouvrés soit 33.3% – 31e).

Voici les récompenses de la saison :

Il est très sympathique de voir un Linemen intérieur récompensé comme NFL Defensive Player Of The Year en Aaron Donald ; il le mérite amplement pour son début de carrière bloqué au niveau All-Pro. Mais c’est à se demander ce que le Defensive End Chandler Jones devait faire de plus pour gagner la récompense… bon, OK : il suffisait d’inverser les bilans des Rams et des Cards. Jones a été une véritable machine cette saison : il a mené la ligue avec 51 pressions dont 17 sacks et 34 QB Hits, et il y a ajouté 11 run stuffs (5e NFL) pour mener aussi avec 28 plaquages à perte sur 59 plaquages au total (!!!). Et il a dévié 3 passes. Et il a forcé 2 fumbles. S’il avait réussi cela il y a deux ans (quand Arizona va en finale NFC), il aurait reçu la récompense NFL haut la main. Une saison absolument incroyable du #55 qui mérite largement le titre de Most Valuable Player de son équipe.

http://www2.pictures.zimbio.com/gi/Chandler+Jones+Arizona+Cardinals+v+Seattle+RWGTAaJOGX0l.jpgOn pourrait penser, avec un fer de lance pareil dans le pass-rush, que les Cards ont continué sur le rythme de 2016. Malheureusement, la rapide blessure de Markus Golden a totalement miné cela : à part l’émergence du sympathique Olsen Pierre qui a fait une saison surprenante à 14.5 pressions dont 5.5 sacks (avec 5 run stuffs, 2 passes déviées et 1 fumble forcé), le reste n’a pas suivi. Cela a forcé l’équipe à envoyer souvent la maison sur les blitz (15 sackeurs différents – 5e), et à faire jouer le premier tour Linebacker Haason Reddick hors de position (8.5 pressions dont 2.5 sacks). C’est dommage car il avait montré de belles choses à l’intérieur contre la course, et en plus il s’est rapidement blessé lui aussi. Au final, les stats ne suivent pas complètement : 136 pressions (13e) dont 37 sacks (17e) pour un taux de conversion de 27.2% (23e) ; on est loin du 155 – 48 – 31% de 2016.

Avec un Tyrann Mathieu excellent mais trop souvent blessé et le départ de Tony Jefferson, on pouvait penser que les Safeties des Cards, un élément vital mais sous-coté, allait en pâtir. « Que dalle » répondent Steve Keim et Bruce Arians : le groupe est toujours aussi fort en jouant un rôle majeur, et chacun de ses éléments va avoir une distinction. Commençons par Tyvon Branch ; il ne mérite pas « plus » parce que, malheureusement, sa saison s’est arrêtée net sur blessure et il a été détrôné par un partenaire. Néanmoins, le joueur est un patrouilleur hors pair, étant légèrement plus spécialiste de la course : 69 plaquages dont 4 run stuffs, 6 passes défendues, 1 fumble forcé.

Étant donné la blessure d’un certain joueur, existe-t-il un seul doute ? Et si oui, dans quel recoin reculé de la planète Terre venez-vous d’émerger ? Même dans une saison pourrie par la blessure du Quarterback titulaire, le receveur Larry Fitzgerald continue d’exceller malgré l’âge qui avance. À 34 ans, il a été ciblé 161 fois (3e NFL) pour 109 réceptions (2e), 1156 yards (8e), 6 TDs et 66 first downs (6e), tout cela en continuant d’avoir de superbes mains avec un seul drop (mais un fumble aussi). Cela lui a permis de continuer à grimper dans l’histoire de la NFL : il est désormais 3e en réceptions avec 1234 (à 91 de Tony Gonzalez), 3e en yards avec 15545 (à 389 de Terrell Owens) et 8e en TDs avec 110 (à 4 du 6e Antonio Gates). Sauf blessure rapide, il devrait rattraper Owens, et Gonzalez sera possible avec une saison pleine ; cela lui permettrait d’être 2e en réceptions et yards derrière nul autre que l’inatteignable Jerry Rice. On dit Monsieur Fitz et on salue bien bas.

http://www4.pictures.zimbio.com/gi/Arizona+Cardinals+v+Houston+Texans+oymqc11LxQll.jpgMalheureusement pour Monsieur Fitz, il a été un peu esseulé. Voici ce qu’on peut dire de sympathique sur le trio formé par J.J. Nelson et les Brown Bros : ils ont chacun 70+% de réceptions donnant un first down, ils ont scoré 9 TDs et n’ont pas réalisé beaucoup de drops avec 4. Mais pour le reste, sortez les casques, on envoie les parpaings : des taux de réception de 44.9% (Jaron B.), 47.5% (Nelson) et 38.2% (John B.), ainsi qu’une capacité quasi-nulle de générer des yards après réception (moins de 3.5 chacun). Nelson mène la troupe en yards avec 508 sur 29 réceptions, Jaron suit avec 477 sur 31 réceptions et John ferme la marche avec 299 sur 21 réceptions.

Le Tight End Jermaine Gresham s’intercale avec 322 yards en 33 réceptions pour 2 TDs mais il n’a pas vraiment réussi à interrompre l’historique futilité des Cards au poste ; il arrive tout de même à avoir DIX pénalités sifflées contre lui sans être un Linemen ou un Cornerback. Dans l’ensemble du jeu aérien, c’est toujours bien d’avoir un très bon taux de first down par réception à 63.3% (2e), mais c’est un peu futile quand vous avez un taux de complétion aussi bas à 56.7% (31e). Sans Fitz cette saison, l’attaque aérienne finissait au clou… même avec son Quarterback titulaire.

Vous avez le choix du côté défensif, mais écartons Chandler Jones ; si nous l’alourdissons trop avec tous ces trophées, comment va-t-il rusher le Quarterback ? Restons chez les Safeties avec Antoine Bethea : c’est celui qui a le plus joué, et il a prouvé être une signature tout à fait remarquable.

http://www4.pictures.zimbio.com/gi/Antoine+Bethea+Seattle+Seahawks+v+Arizona+Jyi24154x4Hl.jpgIl a été absolument partout : 57 plaquages, 3 pressions dont 1 sack, 9 passes défendues, 5 INTs et 1 fumble forcé. Près de la ligne, loin de la ligne, contre la course, en couverture, il a été très précieux avec les blessures autour de lui (avant de tomber à son tour juste avant la fin de la saison parce que c’était ce genre d’année à Arizona).

Pourquoi est-ce que les Cardinals ont libéré Tyrann Mathieu, qui a été un modèle de joueur et encore efficace cette saison avec 78 plaquages dont 5 run stuffs, 5 pressions dont 1 sack, 7 passes défendues, 2 INTs et 1 fumble forcé ? Les blessures certes, mais il y a une autre raison : ils espèrent avoir trouvé son remplaçant avec le deuxième tour Safety Budda Baker. Il a reçu un peu de temps de jeu et a surtout brillé sur équipes spéciales, jusqu’à ce que la blessure de Branch ne le propulse pour de bon sur le terrain. Et c’est peu dire qu’il a répondu : 74 plaquages dont 3 run stuffs, 7 passes défendues, 2 fumbles forcés et 1 fumble récupéré. Il est un peu prématuré de comparer Baker au Honey Badger (il doit encore travailler la couverture et ses mains pour glaner quelques INTs) mais il a prouvé qu’il avait totalement sa place dans cet excellent groupe de Safeties.

On aimerait néanmoins dire la même chose du reste de la draft qui a été tout sauf convaincante : nous avons déjà parlé de Reddick hors de position puis blessé, et le seul autre rookie notable a été le non-drafté Tight End Ricky Seals-Jones qui a été une machine d’efficacité avec 3 TDs en 12 réceptions.

Continuons plutôt sur le sujet de la couverture. Elle a été bonne, même si elle a lâché un peu de lest ici ou là : 60.8% de complétion (14e), 221.3 yards (14e) dont 99.3 après réception (10e), 6.3 yards par passe tentée (11e), 24 TDs (18e), 15 INTs (12e), 83.9 de QB Rating (14e), 44 big plays (10e) dont 8 homeruns (13e), mais surtout UN SEUL match d’un receveur adverse à 100+ yards ; et encore, c’était Golden Tate… en Week 1. Patrick Peterson a eu un coup de mou ici et là, mais il a principalement ronflé dans son coin, étant rarement visé (8 passes défendues et 1 INT). La signature de Tramon Williams a été intelligente, le vétéran de 34 ans faisant un bon travail même s’il n’a été vraiment utilisé qu’en cours de saison : 12 passes défendues et 2 INTs. L’équipe aurait aimé que Justin Bethel soit plus décisif avec 4 passes défendues malgré un pick-6 en plus de son travail comme toujours admirable sur équipes spéciales. Le point qui fâche est plutôt dans la couverture des coureurs par les Linebackers qui reste vraiment limite.

Parfois, ce n’est pas un joueur mais les circonstances qui méritent un carton rouge, et pour Arizona ce sont les blessures sur la ligne offensive… attendez, c’est la même phrase qu’en 2016.

Le problème, c’est que cela touche les vétérans ou les hauts choix de draft qui sont censés être la base de l’unité : Jared Veldheer ? IR. Mike Iupati ? IR (et un côté gauche de ligne en moins, un). D.J. Humphries ? IR. A.Q. Shipley est l’équivalent de Highlander (pas Ryan Fitzpatrick – le « vrai » Highlander), le seul qui est resté debout au milieu du manège infernal des changements ; le suivent John Wetzel (qui a remplacé Humphries en Right Tackle) et Alex Boone (qui a remplacé Iupati en Left Guard). Evan Boehm et Earl Watford se sont succédé en Right Guard, et Will Holden a remplacé Veldheer à gauche. Et encore, c’est juste une vue d’ensemble pour ne pas rentrer dans les remplacements et les changements de place au pied levé. Vous pouvez imaginer les problèmes de cohésion dans une unité aussi chamboulée ; et pourtant, elle n’a pas été totalement inefficace au sol (juste limitée dans l’espace – nous en reparlerons). En protection par contre, c’est l’hallali : 174 pressions lâchées (29e) dont 52 sacks (29e).

Il n’est donc pas surprenant qu’elle ait fini par casser Carson Palmer, propulsant Drew Stanton ou Blaine Gabbert sur le terrain. Palmer a quand même eu du mérite avec une ligne pareille, pas de jeu au sol et des receveurs qui se résument à Monsieur Fitz : 61.4%, 1978 yards (7.4), 9 TDs, 7 INTs, 22 sacks et 84.4 de QB Rating. Stanton a plongé à 55.6%, 6.4 yards par passe tentée, 6 TDs et 6 INTs alors que l’intermède Gabbert a été terrible à 49.7%, 5.6 yards par passe tentée, 6 TDs et 5 INTs. Nous vous passons les stats finales du jeu aérien, vous pouvez les deviner, mais il y en a une de très révélatrice : pour la deuxième année de suite, les Cards ont vu le plus de passes défendues par leurs adversaires (103 en 2016, 110 en 2017).

Pour tout le bien que nous avons dit de la couverture, en réalité la défense contre la course a été encore meilleure, dans la lancée de son excellente saison 2016.

Cela a été un vrai effort de groupe, les trois niveaux de la défense combinant pour former une belle muraille : 89.6 yards (6e), 3.5 yards par course (3e), 9 big plays (10e) dont aucun homerun et un seul match d’un coureur adverse à 100+ yards ; et encore, on ne peut pas dire qu’il soit honteux d’avoir lâché « seulement » 106 yards au NFL Offensive Player Of The Year, Todd Gurley. Le seul bémol est ce total un peu haut de 12 TDs encaissés (16e), mais sinon le reste a été spectaculaire. La ligne défensive a bien fait son travail, menée par un solide duo Corey PetersFrostee Rucker : 8 run stuffs et des espaces libérés pour les autres. Nous avons déjà parlé des contributions des Outside Linebackers et des Safeties, mais ce sont bien sûr les Inside Linebackers qui doivent avoir le plus d’impact.

http://www3.pictures.zimbio.com/gi/Corey+Peters+Carlos+Hyde+Arizona+Cardinals+DucSrQt8oI9l.jpgPersonne n’arrive à la cheville de Jones, et on pourrait probablement avoir quelques griefs contre l’unité, mais elle a dû composer avec les blessures en « perdant » Reddick exilé sur les côtés ; il avait déjà eu des flashs de potentiel à l’intérieur. Le retour de Karlos Dansby n’a pas été aussi foudroyant que son dernier passage, mais il a été solide dans une saison complète : 95 plaquages dont 5 run stuffs, 6 pressions dont 1 sack, 4 passes défendues, 1 INT et 1 fumble récupéré. Deone Bucannon reste toujours un cas un peu à part malgré 82 plaquages dont 3 run stuffs, 3 passes défendues, 1 INT et 2 fumbles forcés. Par contre, la signature de Josh Bynes a été un succès avant qu’il ne tombe sous les blessures avec 2 run stuffs, 3 passes défendues, 1 INT et 3 fumbles forcés.

Il est temps de s’occuper de l’éléphant dans la pièce. Il y avait trois raisons pour que l’attaque des Cardinals s’écrabouille : une blessure de Palmer, une blessure de Monsieur Fitz, ou une blessure de David Johnson. La première a fini par arriver en cours de saison, mais c’est la troisième en tout début d’exercice qui a vraiment coupé l’élan de l’escouade. Logiquement, c’est donc le jeu au sol qui est nominé : 86.6 yards (30e) à 3.4 yards par course (31e), 6 TDs (28e) et 5 big plays (30e) dont aucun homerun (32e) ; une disette causée aussi par une ligne qui a été assez efficace pour ouvrir les brèches, mais incapable d’aller dans les niveaux suivants pour bloquer les Linebackers et Safeties.

L’équipe a été forcée de signer Adrian Peterson pour parer au plus pressé, et elle peut le remercier puisqu’il a réussi les 2 seuls matchs à 100+ yards pour un coureur des Cards. Néanmoins, l’embellie a été de courte durée car il fumble toujours autant (3 dont 2 perdus) et il est retombé sur terre pour finir avec 129 courses pour 448 yards (3.5) et 2 TDs. Dans la catégorie des vétérans sur la jante partielle voire complète, Chris Johnson a aussi fait un passage mais a été encore moins efficace à 2.5 yards par course. Andre Ellington a touché 47 ballons (la majorité à la passe) avant d’être libéré.

Pourtant, tout n’a pas été négatif. Kerwynn Williams a plutôt mal commencé, mais il a regagné des snaps suite aux blessures et la deuxième version a été meilleure que la première : 120 courses pour 426 yards (3.6) et 1 TD. Personne ne va le confondre avec David Johnson, mais comme membre d’un comité il a sa place. Il y a aussi eu l’émergence de l’inconnu Elijhaa Penny, sophomore non-drafté qui a accumulé 31 courses pour 124 yards et 2 TDs ; il pourrait gagner du temps de jeu. Cependant, il faut le retour du #1, et surtout une meilleure ligne.

Et puisque nous en sommes aux mauvais élèves, il faut absolument une mention pour les équipes spéciales qui sont un problème récurrent à Arizona : 80% de réussite en Field Goal (21e), 89.6% de réussite en Field Goal adverse (25e), 88.5% de réussite en PAT (29e), 97.1% de réussite en PAT adverse (24e), 39.7 yards nets par punt (26e), 46.7 yards bruts par punt adverse (27e), 42.6 yards nets par punt adverse (28e). Tout cela avec des talents remarquables comme le punter Andy Lee à 47.3 yards bruts en moyenne (6e) – ce qui veut dire que la couverture a perdu à elle seule 7.6 yards en moyenne (31e) – et des gunners comme Bethel ou Baker. C’est à n’y rien comprendre.

Nous en avons déjà longuement parlé : la couverture a vu deux additions totalement réussies avec Antoine Bethea & Tramon Williams. Le premier est là pour rester et le deuxième est déjà reparti vers sa planète d’origine qui a besoin de lui (Poochie (tm)).

Il n’est pas sûr que les Cardinals aient fait venir le Kicker Phil Dawson pour 80% de réussite en FG (avec notamment 10/14 entre 30 et 39 yards), et 88.5% en PAT. Il a participé aux soucis des équipes spéciales.

La victoire 27-24 contre Jacksonville en Week 12. Parce qu’elle vient avec Gabbert en Quarterback et Dawson en sauveur sur un Field Goal de 57 yards à la dernière seconde, ce qui est donc tout sauf ce qu’on attendait de la part des Cards. Moins surprenant, l’énorme travail de la défense (les Jags n’ont marqué sur un retour de fumble).

Aucun TD pendant plus de 180 minutes entre la Week 13 et la Week 16. Le fait qu’Arizona soit parvenu, via leur énorme défense, à battre Tennessee en Week 14 grâce à 5 FGs de Dawson ne masque pas le fait que, pendant exactement 182 minutes et 22 secondes de jeu effectif (soit trois matchs + 2:22), Arizona n’a pas scoré un TD. C’est pire que de prendre une fois 33-0 chez les Rams.

Premier drive d’Adrian Peterson en Cardinal : 8, 8, 11 et TD de 27 yards. Cela a démarré le petit conte de fées d’un AP pas si cuit qu’on le pensait (134y vs Tampa Bay et 159y vs San Francisco) avant le retour sur terre.

 

Le futur

 

Domicile : Chicago, Denver, Detroit, LA Rams, Oakland, San Francisco, Seattle, Washington.
Extérieur : Atlanta, Green Bay, Kansas City, LA Chargers, LA Rams, Minnesota, San Francisco, Seattle.
Matchs contre des équipes ayant terminé avec un bilan positif en 2017 : 9.
Matchs contre des équipes qualifiées en playoffs en 2017 : 5.
Bilan cumulé en 2017 : 133-123 (0.520, 8e).

La division a vu l’émergence des Rams, les Hawks ont raté de peu les playoffs, les 49ers poussent ; ajoutez Minnesota, Atlanta ou peut-être Green Bay en déplacements compliqués en 2017 et le calendrier n’est pas évident.