Steelers – 49ers (Kuro)

Big Ben au bout du cauchemar


Il aurait mieux fallu pour les Steelers que la lumière ne revienne pas après la seconde coupure de courant, parce que ce qui est sûr c’est que la lumière n’est pas revenu chez eux. Les Steelers viennent non seulement de laisser passer une énorme chance de devenir premier de leur division malgré le sweep des Ravens, mais en plus ils laissent échapper le #1. Et s’ils continuent ils vont laisser échapper la présence de Big Ben en playoffs.


Handicapé par sa cheville en vrac, Ben Roethlisberger a sans surprise fait ce qu’il a pu en bougeant le moins possible derrière son OL en mousse : lancer des courses, trouver des receveurs le plus rapidement, oser quelques passes longues… et se faire intercepter et sacker à gogo, 3 de chaque. Avec le jeu de course qui tout en étant potable n’a pas permis de continuer les drives ad infinitum, il est normal qu’au final les Steelers n’aient pas produits de points, finissant avec un Field Goal famélique. Big Ben poste 25/44, 330 yards, 0 TD et 3 INT, tel un croisement entre Eli Manning cette semaine et la fin de carrière de Dan Marino pour la mobilité.


Rashard Mendenhall a été un bon atout intéressant avec 15 courses pour 64 yards, mais contre des 49ers dont la défense contre la course est une spécialité (36 matchs consécutifs sans autoriser un coureur à 100+ yards), ça n’a pas suffi. Les receveurs ont été distribués également avec 5 catchs pour Cotchery (93), Miller (82), Wallace (66) et Brown (59), mais encore une fois au final, des incomplétions critiques sur 3e tentative ont stoppé les drives. Mais je vous vois déjà haussé le sourcil en me disant “ok Kuro m’enfin quand même, 400 yards en attaque et 3 points ? Kézako ?”. Et je vous réponds avec…


La stat du match qui dit tout : 30, 20, 25, 5, 16, 10, 20, 8, 14, 14, 12. Ce sont les positions de départ des drives des Steelers pendant tout le match. Oui, Pittsburgh n’a jamais démarré au-delà de leur ligne des 30 yards. En parallèle, voilà une autre stat : 81 (fin mi-temps), 57 (Field Goal), 51 (INT), 50 (Field Goal raté), 44 (INT). Vous voyez où je veux en venir ? Les cinq drives les plus longs des Steelers ont fini en queue de poisson mis à part les seuls 3 points du match.


Cela nous permet d’enclencher directement sur un membre méconnu des 49ers qui fait une saison exemplaire, le punter Andy Lee. Le bougre était déjà en tête de la moyenne de yards par punt, et ce match va sûrement faire du bien à ses statistiques. C’est lui qui a constamment plaqué les Steelers dans leurs propres 20 yards à chaque punt, avec une régularité hallucinante. A côte de ça, on a le kicker David Akers qui vient de battre le record de points d’un 49ers en une saison avec 138 (il batJerry Rice). Prenez ce match et passez-le en boucle la prochaine fois que quelqu’un vous dira que n’importe qui peut être K ou P et que ce ne sont pas des vrais joueurs de foot US; ils sont autant capables de peser sur un match qu’un super QB ou un pass rusher dévastateur.


Et comme avec moi les transitions c’est pas du chiqué, j’enquille sur Aldon Smith qui tente de convaincre définitivement les votants qu’il mérite d’être Defensive Rookie of the Year. 4 plaquages, 2.5 sacks, une partie où le rookie s’est amusé à tourner en bourrique ses différents adversaires du soir. Je dis ça au pluriel parce que les coureurs des Steelers étaient tellement dépassés par le pass rush que DEUX ont été pénalisés pour des chops blocks. L’autre Smith, Justin l’a également bien aidé à venir dire coucou à Big Ben. NaVarro Bowman a encore fait son match avec 7 plaquages, mais je tire mon chapeau au remplaçant de Patrick Willis blessé, Larry Grant. Grant a été partout, plaquant à perte, déviant des passes, contrant des ballons dans un match plein. Les corners ont eu quelques largesses, mais tout ça a été rattrapé par les INT de Goldson, McDonald et Brown.


Stat effarante pour finir, rentrez-la dans votre crâne pour les playoffs : les 49ers n’ont pas encaissé un seul TD à la course depuis le début de la saison. PAS. UN. SEUL. EN. 14. MATCHS. Record, évidemment.


De l’autre côté de la baballe ovale, les 49ers n’ont pas été fondamentalement transcendants en attaque, mais c’est leur spécialité : la défense prend des ballons et les donne à l’attaque qui en général marque assez de Field Goal agrémentés du TD occasionnel pour l’emporter. Alex Smith a encore une fois bien profiter d’un système de screen et passes courtes/intermédiaires pour limiter les pertes de balle. Il est toujours un peu inconstant (mais c’est aussi dû à la bonne défense des Steelers) et les passes longues ne sont toujours pas son fort, mais il a fait son match sans grosse erreur et il termine à 18/31, 187 yards et 1 TD. Il faut noter qu’il n’a pas été sacké.


Frank Gore n’a pas été fulgurant avec 18 courses pour 65 yards et 1 TD, mais comme pour Mendenhall sa production a été intéressante pour maintenir la défense adverse en joue, et pouvoir profiter des play-actions. Vernon Davis a été la cible privilégiée de Smith avec 6 catchs pour 72 yards et 1 TD, alors que Michael Crabtree et Kyle Williams ont complété avec 4 catchs chacun pour une trentaine de yards. Rien qui vous arrache la tête (les 49ers ont par exemple eu du mal à capitaliser complètement sur les INT des Steelers), mais de l’efficace contre une défense des Steelers toujours intraitable.


En effet la défense est toujours là, n’autorisant que 287 yards. Même si aucun sackeur n’est venu plaquer Smith au sol et aucun intercepteur n’a redonné la balle à son attaque, on a vu les mêmes noms que l’on connaît déjà, moins James Harrison suspendu pour son sniping de Colt McCoy. Troy Polamalu (7 plaquages) a encore fait montre de sa capacité à être partout et à plaquer en un contre un, Ryan Clark (5 plaquages) a fait un bon boulot de couverture et de défense de passe, le remplaçant de Harrison Jason Worilds (6 plaquages) a bien tenu la baraque, et en général la défense n’a fait aucune grosse erreur, sauf peut-être sur la grande réception de Vernon Davis qui amène le seul TD à la passe de Smith. Mais avec l’inefficacité de l’attaque, la défense a fini par craquer.


Il va falloir sérieusement réfléchir à l’utilisation de Big Ben dans les deux derniers matchs de la saison, parce qu’il est incompréhensible que Mike Tomlin ne le sorte pas à -17 avec 3 minutes restantes alors que l’attaque des Steelers ne fait plus rien de bon et qu’Aldon Smith se gave de sacks. Quant aux 49ers, ils ont frappé un grand coup, mais vous allez avoir les sceptiques de tout poil qui vont vous dire que la mauvaise performance offensive des Steelers commencent déjà par leur propre condition avant celle de la défense des 49ers. Il y a sûrement un peu de vrai là-dedans, même si ça n’enlève rien à la performance de San Francisco qui vient de rappeler (s’il y avait besoin) qu’ils ne rigolent pas.


Ah et pour le collector, voici un extrait du gamecenter NFL.com :


1-10-PIT 20(12:13) Stadium Lights Go Dark prior to KO @ 6:43pm.